Liao Yiwu : « J’ai lu Orwell au fin fond d’une prison chinoise »

Arrêté pour un poème, Liao Yiwu a passé quatre ans dans les geôles chinoises, univers fou où il a enduré la violence des gardiens comme des détenus. Il y a découvert, aussi, la force de l’humour, de l’amitié et de la musique face à la barbarie. Depuis sa sortie, il fait œuvre de témoignage et rêve d’une Chine démembrée, où la démocratie serait possible.


Liao Yiwu, Amrei Marie
  L’écrivain chinois Liao Yiwu a passé quatre ans en prison pour un poème écrit au moment des événements de Tiananmen. Il vit en Allemagne depuis 2011, mais reste très lu, clandestinement, en Chine. Il est également l’auteur de L’Empire des bas-fonds (Bleu de Chine, 2003) et Poèmes de prison (L’Harmattan, 2008).   Pourquoi écrivez-vous ? Je suis né en 1958, au moment du Grand Bond en avant – qui a provoqué une famine qui a fait plus de trente millions de morts entre 1959 et 1962. J’ai failli mourir de faim à 2 ans. Mon père était professeur de littérature classique, et fut donc considéré comme un réactionnaire dès le début de la Révolution culturelle, quelques années plus tard. On n’allait bien sûr pas à l’école, mais il me faisait cours à la maison. En m’obligeant à apprendre par cœur des poèmes que je devais déclamer debout sur la table de la cuisine. Tant que je n’avais pas récité le texte parfaitement, je n’avais pas le droit de manger. Ses méthodes sé...
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Dans l’empire des ténèbres de Liao Yiwu : « J’ai lu Orwell au fin fond d’une prison chinoise », François Bourin

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