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Le grand bluff de l’art contemporain – Le courage et la paresse


Salle Andy Warhol (Hamburger Bahnhof, Berlin), Jean-Pierre Dalbéra

Le cochon tatoué aux armes de Louis Vuitton par le Belge Wim Delvoye, l’amoncellement de tabourets présenté à la Biennale de Venise par Ai Weiwei, la géante vêtue de bleu, les œufs de Jeff Koons, la voiture maculée de fientes de pigeons (qui était destinée à être installée en permanence sur Trafalgar Square), le tas de gravats (que l’on peut aussi voir à Venise), toutes ces images n’ont pas été choisies en raison de leur caractère extraordinaire, atypique, mais au contraire en ce qu’elles sont représentatives de ce qu’on appelle l’art contemporain. Des œuvres amusantes, distrayantes, qui valent une visite, si possible avec des enfants. Mais en quoi consiste leur qualité artistique ? C’est la question classique que nous posons après bien d’autres, en donnant la parole à quatre analystes aussi différents que possible. D’abord un philosophe canadien, subtil et « pince-sans-rire », dont le texte, écrit il y a dix ans, n’a pas pris une ride (car plus rien ne change ?). Ensuite, une critique d’art mexicaine qui, ayant courageusement baissé sa garde, déploie une rhétorique de char d’assaut contre la « démocratisation de la médiocrité ». Le Français Jean-Philippe Domecq défend depuis longtemps une position voisine, même s’il estime que la « fin de l’art » touche désormais à sa fin, épuisée. Ayant analysé sous toutes les coutures les manifestations de « déni » de l’art contemporain, la sociologue Nathalie Heinich invite, elle, à ne pas faire preuve de « paresse intellectuelle » face à un phénomène qui n’a pas dit son dernier mot.

 

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