La loi du plus beau

La loi du plus beau

Chez les oiseaux, les choix esthétiques des femelles sont un moteur de l’évolution.

Publié dans le magazine Books, janvier/février 2018.
Le plumage coloré du quetzal, le chant extra­ordinaire de l’outarde houbara ou les techniques de séduction élaborées des manakins étaient réputés indiquer leurs qualités reproductives. Longtemps, les biologistes ont considéré la beauté d’un oiseau comme une sorte de panneau indicateur. Elle n’était pas censée avoir d’intérêt en soi. « Ces idées ont saturé la culture populaire. Dans les pages de Vogue ou les cabinets de chirurgie esthé­tique, vous pouvez lire que la beauté est le révélateur de la qualité d’une personne », déplore l’ornithologue américain Richard Prum. Son dernier livre, The Evolution of Beauty, « dédaigne les biais masculins qui caractérisent l’essentiel de la psychologie évolutionniste », assure Ed Yong dans The Atlan­tic, ­qualifiant même l’auteur de « féministe ». Prum réhabilite la théorie de la sélection sexuelle exposée par Darwin dans La Descendance de l’homme et la sélection sexuelle, ouvrage postérieur à L’origine des espèces. Complémentaire de la « lutte pour la vie », elle a été volontairement ignorée par les scientifiques de l’époque. Ceux-ci lui repro­chaient de donner trop de pouvoir au sexe féminin. Darwin démontre en effet que, chez certaines espèces, ce n’est pas le plus fort qui survit mais le plus beau, et que c’est aux femelles que revient ce choix. Cela lui permet d’expliquer la pérennité de comportements et de caractères physiques qui semblent a priori être des ­obstacles à la survie. Chez l’argus géant (une sorte de faisan), le mâle aurait ainsi acquis les longues plumes de sa queue au fil des générations du…

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