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Mark Twain refait des siennes

Mark Twain avait la réputation d’être l’homme le plus drôle de son temps. Outre-Atlantique, son autobiographie rivalise, dans les classements des meilleures ventes, avec les Mémoires de l’ancien président George W. Bush, dont la politique lui aurait sans doute fortement déplu. Avec plus de 250 000 exemplaires vendus en moins de quinze jours, les retirages s’enchaînent pour pallier les ruptures de stock à répétition.

Mark Twain avait la réputation d’être l’homme le plus drôle de son temps. Outre-Atlantique, son autobiographie rivalise, dans les classements des meilleures ventes, avec les Mémoires de l’ancien président George W. Bush, dont la politique lui aurait sans doute fortement déplu. Avec plus de 250 000 exemplaires vendus en moins de quinze jours, les retirages s’enchaînent pour pallier les ruptures de stock à répétition. C’est tout simplement le plus gros succès des Presses de l’université de Californie depuis soixante ans. « On aurait pu croire que seuls les collectionneurs et les spécialistes seraient intéressés par un livre comme celui-là. Mais, avec Mark Twain, c’est une histoire d’amour qui dure », confie un libraire de St. Louis, dans le Missouri, au New York Times.

À l’adulation du pays pour le créateur de Tom Sawyer et de Huckleberry Finn s’ajoute l’histoire extraordinaire de la publication de cette autobiographie. « Pour se sentir libre d’y dire absolument tout ce qui lui passait par la tête, Mark Twain avait exigé qu’elle paraisse un siècle après sa mort (survenue en 1910) », rapporte Alison Flood dans le Guardian. En réalité, elle a déjà été publiée en 1924, 1940 et 1959, mais dans des versions expurgées par Clara, seul des quatre enfants de l’écrivain à lui avoir survécu. Craignant qu’on ne vît en son père un « communiste », elle avait pris soin de censurer ses critiques, parfois virulentes, contre l’impérialisme naissant de l’Amérique, son ordre social, politique et religieux. « Violemment opposé à l’intervention de l’armée aux Philippines et à Cuba en 1898 », relève Larry Rohter dans un autre article du New York Times, l’écrivain n’hésite pas à qualifier les militaires américains d’« assassins en uniforme ». Le genre de remarques qui, « si elles étaient faites aujourd’hui dans le contexte de l’Irak ou de l’Afghanistan, mèneraient les politiciens de droite à s’interroger sur le patriotisme du “plus américain des écrivains américains” ».

Commencée dès les années 1870, cette autobiographie fut abandonnée et reprise une trentaine de fois, puis finalement dictée pour l’essentiel par Twain à sa sténographe Isabel Lyon durant les quatre dernières années de sa vie. Chargée de le suivre partout, elle l’accompagna jusqu’à Florence où l’écrivain assista à la longue agonie de son épouse. Dans son autobiographie, Twain consacre plus de vingt pages à la mesquinerie de leur logeuse, mais quelques phrases à peine aux derniers moments d’une femme qu’il adorait, et pas un mot à sa mort.

LE LIVRE
LE LIVRE

Autobiographie de Mark Twain, vol.1 de Mark Twain refait des siennes, University of California Press

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