La nature, immense concours de beauté
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La nature, immense concours de beauté

Écrit par La rédaction de Books publié le 8 juin 2018

Concours Miss America 2014

Les candidates de Miss America ne défileront plus en maillot de bain. Les organisateurs du concours ont annoncé cette semaine que la gagnante ne jouera pas essentiellement de son physique. La nature, elle, reste un immense concours de beauté. L’apparence d’un partenaire est un facteur essentiel de sélection chez de nombreuses espèces, rappelle le professeur de zoologie Michael Ryan dans A Taste for the Beautiful.

Les systèmes neuronaux qui aident les animaux à trouver de la nourriture, éviter les prédateurs ou reconnaître les membres de leurs espèces peuvent être recalibrés pour choisir un partenaire sexuel. Les espèces qui chassent des proies très colorées auront tendance à chercher des conjoints à la robe tout aussi chatoyante. Ainsi les femelles guppy (des petits poissons tropicaux) aiment se nourrir d’oranges et préfèrent les mâles de couleur orange. Ces derniers ont évolué pour tourner à leur avantage l’attirance de l’autre sexe pour cette couleur, transférant cette préférence du registre de la nourriture à celui de la reproduction.

Chaque espèce à ses propres penchants, mais certains schémas sont récurrents. La taille, la complexité, la nouveauté sont des critères de sélection courants. Qui a été beau une génération peut ainsi ne plus l’être la suivante. L’innovation est loin d’être un tue l’amour. Chez les grenouilles tungara par exemple, même si les mâles se démarquent par leur chant d’amour incroyable, la plupart des femelles s’en révèlent insatisfaites. Dans une série d’expériences, les fameux chants ont été remplacés par d’autres sons (bruit blanc, appels d’autres espèces, cloche et sifflets). Les femelles ont trouvé beaucoup de ces alternatives plus séduisantes. Quand le chant des tungara a été mis au point il a exploité une préférence cachée chez les femelles, mais d’autres sons auraient pu se révéler tout aussi efficaces. Comme le rappelle Ryan, la beauté est dans l’œil (ou chez les grenouilles l’oreille) de celui qui la découvre.

 

A  lire aussi dans Books : La loi du plus beau, janvier/février 2018.

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