Opération Diogène
Publié en décembre 2008. Par Olivier Bomsel.
Depuis l’invention de la vanitas, en fait de la nature morte, l’oxymore est une technique d’opération. En rapprochant deux contraires, il crée un effet de vent relatif, d’opposition de phase, de mise en résonance, et donc, de bruit, de visibilité. De Laurel et Hardy à Michaël Gorbatchev ambassadeur Vuitton, l’oxymore a pris pied dans l’économie ; il est devenu casting et, désormais, co-branding : il interpelle, déplace, rehausse, rafraîchit l’image de produits fatigués ou déjà vus…
Parmi les 700 livres de cette rentrée littéraire, dont beaucoup finiront comme le crill aspiré par la baleine, un oxymore se détache : Houllebecq /Lévy. C’est gros, c’est énorme, et si on n’a pas compris, la télévision le martèle : c’est James Bond contre Diogène.
A casting oxymore, titre paradoxal : Ennemis Publics, publicité qui colle à la co-respondance — doublure chic du co-branding — comme l’urinoir au musée. On se prend à rêver qu’ils ne l’aient pas écrite eux-mêmes…
Car la vraie nouveauté vient des producteurs, des Saltzman et Broccoli sans lesquels James Bond ne serait encore qu’un livre. Pour une telle opération, on imagine les à-valoir, les commissions d’agent, les budgets promo, les coûts de mise en place... Hollywood n’est pas loin : comités d’investissement, slides Power Point, pitch marketing, séminaires force de vente... Du coup, pour produire et lancer Opération Diogène, ils se sont mis à deux : Grasset et Flammarion. Une grosse co-édition. On les croyait concurrents, ils affichent leur connivence : c’est le buddy publishing. Premier carton au générique, ils endossent tous les risques, ils présentent leur fierté. On applaudit, on en redemande. Mais on tremble aussi, on redoute le flop, le navet, la dinde de dix tonnes…. Et si le livre marche, on verra le making-of, le Comment j’ai vendu l’idée… , les Confessions d’un attaché de presse... Juste avant le deuxième tome. Car dans Ennemis Publics, peu importe les buddies, c’est l’édition qui parle.
Parmi les 700 livres de cette rentrée littéraire, dont beaucoup finiront comme le crill aspiré par la baleine, un oxymore se détache : Houllebecq /Lévy. C’est gros, c’est énorme, et si on n’a pas compris, la télévision le martèle : c’est James Bond contre Diogène.
A casting oxymore, titre paradoxal : Ennemis Publics, publicité qui colle à la co-respondance — doublure chic du co-branding — comme l’urinoir au musée. On se prend à rêver qu’ils ne l’aient pas écrite eux-mêmes…
Car la vraie nouveauté vient des producteurs, des Saltzman et Broccoli sans lesquels James Bond ne serait encore qu’un livre. Pour une telle opération, on imagine les à-valoir, les commissions d’agent, les budgets promo, les coûts de mise en place... Hollywood n’est pas loin : comités d’investissement, slides Power Point, pitch marketing, séminaires force de vente... Du coup, pour produire et lancer Opération Diogène, ils se sont mis à deux : Grasset et Flammarion. Une grosse co-édition. On les croyait concurrents, ils affichent leur connivence : c’est le buddy publishing. Premier carton au générique, ils endossent tous les risques, ils présentent leur fierté. On applaudit, on en redemande. Mais on tremble aussi, on redoute le flop, le navet, la dinde de dix tonnes…. Et si le livre marche, on verra le making-of, le Comment j’ai vendu l’idée… , les Confessions d’un attaché de presse... Juste avant le deuxième tome. Car dans Ennemis Publics, peu importe les buddies, c’est l’édition qui parle.