Oublié – Nostalgies algériennes

Dans Le Vent du sud (1971), de l’écrivain algérien Abdelhamid Benhadouga, la jeune Nafissa, lycéenne de 18 ans, se révolte contre son père. Celui-ci veut la marier au maire du village, dans l’espoir que cette alliance lui permettra d’échapper à la nationalisation de ses terres. Souvent présenté comme le premier grand roman algérien en langue arabe, le livre met ainsi en scène les contradictions de l’Algérie fraîchement indépendante, écartelée entre traditions et aspirations socialistes, ruralité et urbanisation, émancipation des femmes et permanence du patriarcat. Parfaitement bilingue – il a traduit plusieurs classiques de la littérature française –, Benhadouga a toujours écrit en arabe, tout en refusant de se laisser enrôler par les campagnes d’arabisation organisées par l’État FLN et en s’opposant à ceux qui voulaient voir dans la forme roman une perversion occidentale. Menacé par les islamistes, il est mort d’un cancer en 1996.

Une certaine nostalgie de ces années Boumediene qu’avait su dépeindre Benhadouga s’exprime en Algérie, où une petite maison d’édition algéroise, Al Fadha Al Hour («Espace ...

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