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Écran noir
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Le portrait faussé de Breivik


"Un 22 Juillet", Copyright Netflix / Erik Aavatsmark

Après Un 22 juillet, de Paul Greengrass sorti cet été sur Netflix, Utoya, 22 juillet, d’Erik Poppe est le deuxième film cette année à revenir sur le massacre perpétré par Anders Behring Breivik en Norvège en 2011. Depuis, de nombreux ouvrages et articles ont cherché à comprendre les motivations du tueur d’extrême droite. Et la majorité d’entre eux partagent le même point de vue, remarque Mia Eriksson, de l’université de Göteborg, dans Berättelser om Breivik (« Discours sur Breivik »). Ils minimisent les raisons politiques et socioculturelles et se concentrent essentiellement sur les facteurs personnels. Breivik y est décrit comme un homme immature, marqué par le rejet de son père et les trouble mentaux de sa mère. Sa radicalisation serait le produit de ses échecs professionnels et sentimentaux. Beivik n’est qu’un loser.

Cette position a pour effet, selon Eriksson, de dédouaner la société norvégienne. Breivik ne serait qu’un élément déviant et absolument pas représentatif. Elle n’a pas à se remettre en cause. Cette approche est très différente de celle adoptée pour expliquer les actes de terroristes islamistes, souligne Eriksson. Dans leur cas, les facteurs personnels passent au second plan. Leurs motivations sont essentiellement analysées au prisme de la politique, de la culture et de la religion.

Résultat : alors que les djihadistes sont perçus comme une menace pour la société occidentale, Breivik et les radicaux violents d’extrême droite sont relégués au rang d’incongruités, de malheureux ratés, et non d’hommes dont on devrait avoir peur.

À lire aussi dans Books : Breivik ou le djihad antimusulman, mars 2015.

LE LIVRE
LE LIVRE

Discours sur Breivik : la théorie des affects appliquée à la violence et au terrorisme de Mia Eriksson, Makadam, 2016

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