La roman de la résistance maya
par Pauline Toulet
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La roman de la résistance maya

Écrit par Pauline Toulet publié le le 26 mars 2019

Le romancier guatémaltèque Rodrigo Rey Rosa, que Roberto Bolaño tenait pour « l’écrivain le plus rigoureux de [sa] génération », est l’auteur d’une dizaine de romans, nouvelles et récits journalistiques. En 2004, il a été couronné par le prix national de littérature dans son pays, confirmant l’intuition de Bolaño. Dans son nouveau livre, El país de Toó, Rey Rosa réaffirme son goût pour le roman noir teinté d’intrigues politiques.

L’auteur y dépeint le quotidien d’une petite république d’Amérique centrale qui, bien qu’imaginaire, ressemble à s’y méprendre à son Guatemala natal. Depuis plus de deux siècles, la communauté maya tente de concilier son mode d’organisation avec les réglementations de plus en plus asphyxiantes imposées par l’État. Lorsque des compagnies minières commencent à se montrer trop gourmandes et entreprennent d’exproprier les Mayas, Polo Yrrarraga, le protagoniste du roman, décide d’entrer en résistance.

Un auteur réaliste

À travers ce conflit, Rey Rosa nous donne à voir une société où la violence, la corruption, et les inégalités semblent être structurelles. Et il le fait dans un style qui n’emprunte pas au réalisme magique si caractéristique de la littérature latino-américaine du XXe siècle. Au contraire, sa prose est d’un réalisme sobre et dépouillé, « qui découle de l’expérience intime imprégnant sa manière de représenter la réalité. Rey Rosa est un auteur réaliste, capable de transformer le trivial en littérature de première qualité », analyse Antonio Lucas dans le quotidien espagnol El Mundo.

Abus de pouvoir contre le Mayas

Ce n’est pas la première fois que Rey Rosa écrit sur les abus de pouvoir dont sont victimes les communautés amérindiennes. Il avait déjà consacré un reportage, Ne pas toucher la queue du dragon (L’atinoir, 2013) au violent conflit agraire qui a opposé la population autochtone de la région de l’Ixil, dans les hautes terres du nord du Guatemala, à l’armée.

Cette fois, l’écrivain aborde une problématique similaire sous l’angle de la fiction, ce qui semble ravir la critique hispanophone : « L’écriture de Rey Rosa est faite de phrases et de mots si ajustés, si resserrés, que parfois, il aurait été impossible de dire la même chose avec une lettre de plus », souligne Antonio Lucas.

À lire aussi dans Books: « Les veines sanglantes du Guatemala », juillet-août 2009.

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