Un paysage d’apocalypse

Notre goût pour la viande ne nuit pas seulement au bien-être des animaux. Le système industriel absurde qu’il engendre, avec ses poulets sans bec, ses champs sans vie sauvage et ses océans sans oxygène, est destructeur pour l’environnement, la santé et les modes de vie traditionnels. À l’heure où la nouvelle classe moyenne asiatique rejoint la cohorte des carnivores, il devient urgent de repenser nos habitudes alimentaires.

Les végétariens – c’est du moins le discours que nous tenons – sont volontiers moralisateurs et totalement dénués d’humour ; à moins qu’ils ne soient casse-pieds et bizarres ; ou les émules d’Hitler. Nous l’affirmons : leur régime alimentaire les rend anémiques ; satisfaire leurs exigences est la plaie de tout dîner entre amis ; ils sont fous de ne pas manger de souris d’agneau au bacon et aux poivrons, puisque nos ancêtres étaient des chasseurs-cueilleurs ; sans oublier que leur nourriture sent mauvais, et eux aussi, du coup ; inculquer le végétarisme à un enfant est cruel… Et puis ils sont hypocrites. Comment peuvent-ils prétendre se soucier de la souffrance animale tout en continuant d’acheter leurs vêtements dans des boutiques normales – et ces chaussures ne sont-elles pas en cuir, par hasard ?

Les végétariens, eux, soutiennent volontiers qu’ils nous mettent mal à l’aise parce que leur existence même nous renvoie à la ...

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Farmageddon, Bloomsbury

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