« Les invasions barbares ? La faute aux Romains. »

Les déplacements massifs de peuples homogènes et stables venus du fin fond de la Scandinavie ou de l’Asie et qui auraient entraîné la chute de l’Empire romain sont un mythe. En réalité, ces « peuples » barbares sont nés de leur proximité avec l’Empire romain qui, à son insu, leur a donné cohésion et dynamisme.


« Le christianisme fut l’un des moteurs de la migration des peuples », explique Mischa Meier.

En Allemagne, contrairement à la France et à la majorité des pays du monde, on ne parle pas d’« invasions barbares » mais de Völkerwanderung (« migration des peuples ») pour caractériser ces mouvements de populations qui ont accompagné et en partie provoqué la chute de l’Empire romain. Votre ouvrage semble s’inscrire dans cette vision des choses puisqu’il s’intitule Geschichte der Völkerwanderung (« Histoire de la migration des peuples »). Vous y montrez pourtant qu’on ne saurait parler ni de « migration », ni de « peuples » ! Pourquoi ces termes posent-ils problème ?
Le terme Volk (« peuple ») a commencé sa carrière après la Révolution française, pendant la période romantique en parti­culier. À l’époque, il a été conçu dans un sens très spécifique qui ne correspond ni aux définitions scientifiques actuelles du mot « peuple », ni à une description adéquate des événements survenus entre l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge. Associé au terme « migration », il évoque l’idée qu’on aurait eu alors affaire à des communautés migratoires cohérentes et stables. Mais c’est inexact. En vé...

LE LIVRE
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Histoire des invasions barbares. L’Europe, l’Asie et l’Afrique du IIIe au VIIIe siècle de Mischa Meier, C. H. Beck, 2019

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