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« Mon nom est Charles Manson »

À l’été 1969, l’actrice Sharon Tate est assassinée dans sa maison de Los Angeles avec quatre de ses amis. Le meurtre a été commandité par Charles Manson et perpétré par des membres de sa Famille. Ce carnage continue de hanter les esprits et d’inspirer les artistes.

Avant-propos Ce livre est le résultat de centaines d’heures d’entretien menées par Nuel Emmons avec Charles Manson entre 1979 et 1985. Manson s’y exprime à la première personne, mais Nuel Emmons a retravaillé en profondeur le matériau brut qu’il avait rassemblé, sélectionnant, coupant, réagençant pour obtenir le récit linéaire qu’on s’apprête à lire. […]   L’éducation d’un hors-la-loi Mon nom est Charles Milles Manson. Au moment où j’écris ces lignes, j’ai cinquante et un ans. Si je m’étire suffisamment et que je triche un peu en soulevant légèrement mes pieds du sol, je peux atteindre un mètre soixante-quatre. Je crois avoir pesé un bon soixante-trois kilos à une époque, mais au cours de mon emprisonnement, je suis descendu une ou deux fois à cinquante-deux kilos. On l’aura compris, je ne suis pas du genre grosse brute taillée comme un déménageur. Mais je peux l’ouvrir aussi grande que les plus costauds. En 1970, avant et pendant les procès qui ont abouti à ma condamnation, j’ai récolté plus de couvertures de magazines et d’articles que Coca-Cola n’a eu de publicité. La plupart des histoires et des articles écrits à mon sujet laissent entendre que je suis né avec des dents de vampire et des cornes de bouc. Ils disent que ma mère était une prostituée, que j’étais un morveux de naissance et que mes couches, quand j’en avais, étaient remplies de merde qu’on voyait souvent couler le long de mes guiboles crasseuses. Il y en a qui racontent qu’avant d’avoir atteint l’âge de cinq ans, je mendiais dans les rues, taxant de la bouffe pour nourrir mon sale museau. À sept ans, mes premiers disciples volaient et m’apportaient les restes de leur butin. Je n’avais pas neuf ans que je possédais un flingue et m’en servais pour détrousser les vieux et les faibles. Avant mes douze ans, j’avais déjà violé la fille du pasteur et étranglé son petit frère pour l’empêcher de me balancer. À treize, mon casier judiciaire aurait pu faire de moi une huile chez Nixon ou un boss de la mafia. La drogue que je fourguais rendait accros les enfants de chœur qui se mettaient à voler l’argenterie. J’avais recruté certaines des nanas à qui j’avais lavé le cerveau parmi les gamines du coin âgées de douze ans maxi. Afin de me prouver leur amour, elles me donnaient l’argent qu’elles gagnaient en faisant des passes ou en jouant dans des films pornos. Ce n’est pas comme ça que vous m’imaginez ? Les fameux procureurs et juges, sans oublier mes prétendus disciples et les médias, ne vous ont-ils pas servi cette image sur un plateau ? Ça changerait quelque chose si je disais que je n’ai pas choisi ma mère ? Ou que, né bâtard, j’étais un hors-la-loi dès mon premier jour ? Que durant mes prétendues années d’apprentissage, je n’avais strictement aucun contrôle sur ma vie ? Hé, vous savez, on m’avait déjà trimballé partout et confié à des étrangers, inconnus de mes proches, avant même que je sois assez grand pour m’en souvenir. Le rejet, bien plus que l’amour ou même l’acceptation, fait partie intégrante de ma vie depuis ma naissance. Est-ce que vous pouvez comprendre ça ? J’en doute. Et à ce stade de mon existence, j’en ai rien à foutre ! Mais on m’a souvent demandé d’où venaient ma philosophie, mon cynisme et mon comportement asocial. Donc, sans essayer de changer l’opinion publique, j’ai décidé de raconter ma vie comme je l’ai vécue et comme je m’en souviens au type qui rapporte mes propos. Partout ailleurs, vous avez déjà lu « Charlie est comme-ci », « Manson est comme ça », et diverses versions de l’histoire de la « Famille », mais personne n’est jamais tout ce qu’on dit ou qu’on croit de lui. On a écrit des tas de bouquins, et on en écrit encore ; on a réalisé des films et, sans aucun doute, on en réalisera d’autres 1. Les médias ont eu ce qu’ils voulaient, un pantin à transpercer de coups d’épée. Tous se sont emparés de mes mots et de mes pensées et les ont déformés pour publier leur version tordue. Désinformation, sensationnalisme et citations fabriquées : mon lot quotidien, à tel point que la vie ici-bas a fini par ne plus rien représenter pour moi. C’est toujours vrai à ce jour. Mon corps est captif, prisonnier, enfermé par une société qui crée des gens comme moi, mais mon esprit s’est installé dans une sorte de chambre mentale qui n’est pas de ce monde. J’ai appris que pour être soi-même, il ne faut jamais prononcer un mot, émettre un son ou faire le moindre mouvement, ne serait-ce qu’un clin d’œil, en présence d’un tiers, parce qu’alors une opinion se forme. N’importe quel psychologue autoproclamé se met à vous analyser et vous décrit à qui veut l’entendre de telle manière que vous ne vous reconnaissez même plus. Comme je l’ai déjà dit, les médias s’en sont donné à cœur joie. Des riens du tout sont devenus riches et importants. De supposés membres de la « Famille Manson » reprenant subitement conscience ont témoigné contre moi, mentant sans vergogne devant les tribunaux. Ils ont écrit des livres et vendu des interviews où ils minimisaient leur rôle, mettant tout sur le dos de Charlie. Des avocats des deux parties, défense et accusation, ont fait fortune grâce à leur association avec les procès de la « Famille Manson ». Mon sentiment ? J’ai été violé et détruit par la société. Baisé par des avocats et des amis. Pompé jusqu’à la moelle par les tribunaux. Passé à tabac par les matons, exhibé en prison comme une bête curieuse. Et tout ça en dépit du fait que mes propos n’ont jamais été relatés et encore moins publiés tels que je les ai énoncés. Je n’ai donc à ce stade rien à perdre ou à gagner en racontant mon histoire telle que je la connais. À ce jour, j’ai passé trente-sept de mes cinquante et une années d’existence dans des maisons de correction, des foyers ou des prisons. Ces dix-sept dernières années, j’ai vécu comme un animal dans
un zoo. La cage est presque la même, faite d’acier et de béton. On me nourrit comme on nourrit les bêtes, au travers de barreaux et à une heure donnée. Des gardes surveillent ma cage pour s’assurer qu’elle est toujours fermée et que je suis toujours en vie. Les visiteurs, quelle que soit la raison initiale de leur présence, posent tous la même question : « Où est Charles Manson ? Peut-on voir sa cellule ? » Et comme de bons gardiens de zoo, les matons s’exécutent. Voir Charles Manson dans sa cage, contempler ce rare animal sauvage, constitue le clou de leur excursion. Quant à moi, poussé par la curiosité, je me regarde dans un miroir pour voir si des cornes me sortent de la tête ou des crocs de la bouche. Et, à moins que le miroir ne mente, je ne vois rien. J’explore alors mon corps tout entier pour comprendre en quoi il diffère de celui des gens qui font le détour pour m’observer. De ces yeux qui clignent et fixent comme ceux de mes visiteurs, je vois un corps, deux bras, des mains, des pieds, et une tête d’où poussent des cheveux au bon endroit, avec des yeux, un nez, des oreilles et une bouche. Je ne suis pas différent de ceux qui s’arrêtent pour me lancer des regards haineux. Ni de vous, qui êtes intéressés par ce que j’ai à dire. Pour commencer, si les journalistes et autres représentants des médias s’en étaient tenus dès le début aux faits tels qu’exposés par les enquêteurs, personne ne se souviendrait de Charles Manson. Mais comme tous, des auteurs de bouquins aux animateurs de télé, ont exagéré sinon inventé pour donner dans le sensationnalisme, rajoutant chacun leur touche d’agressivité, moi et les gens qui vivaient avec moi sommes devenus des caricatures de ce que nous étions réellement. Ou avions l’intention d’être. […] Depuis fin 1969, je tombe sur les mêmes gros titres et les mêmes photos de moi presque quotidiennement. Tous me décrivent comme le « leader d’un culte hippie qui a ordonné à des gens de tuer pour lui – le responsable des meurtres Tate-LaBianca ». Ils me font passer pour une espèce d’être supérieur, un mystique qui, rien qu’en regardant quelqu’un dans les yeux, est capable de lui faire faire tout ce qu’il veut. D’après eux, je suis le meneur par excellence, celui qui fait basculer les jeunes dans le crime et la violence. Sachant ce que je suis, comment j’ai été élevé et tout ce que j’ai déjà incarné, je considère ces histoires comme ridicules. Je suis consterné à l’idée que les lecteurs gobent ces mensonges et leur accordent autant de crédit que si c’était la Bible, mais je dois aussi tirer mon chapeau aux types qui ont créé cette image – ces auteurs habiles qui savent comment exploiter le moindre détail et faire une montagne d’une taupinière. En réalité, je ne peux pas en vouloir aux lecteurs, vu qu’il m’arrive moi-même de me passionner pour ces histoires. Sauf que si je commence à croire que je possède réellement les pouvoirs qu’on m’attribue et que j’essaie de jeter un sort à un gardien, il ou elle me claque la porte au nez. Retour à la réalité. Je me rends compte que je ne suis rien de plus que ce que j’ai toujours été, un « bon à rien foireux ». Le but de ce livre n’est pas de contester mon statut d’« homme le plus dangereux au monde », si c’est ce que je suis (ou ai été), mais simplement de faire connaître un autre aspect d’un individu qui s’est vu comparé au diable. Car même le diable, si toutefois il existe, a commencé quelque part. […] Sans conscience Dans ma tête, c’était maintenant clair et net. Que ce monde et que tous ceux qui y vivent aillent se faire foutre. J’allais les forcer à se réveiller, et ensuite on se casserait dans le désert. J’ai aperçu des phares sur la route et j’ai reconnu la vieille Ford bien avant qu’elle ne s’engage sur la voie d’accès. J’étais pratiquement déjà arrivé à l’endroit où on la garait quand elle s’est arrêtée. Je n’en suis pas sûr, mais il devait être aux alentours de deux heures du matin. J’étais prêt à entendre le détail des péripéties de la nuit. Sadie a été la première à sortir de la voiture. Elle rayonnait d’excitation et a couru vers moi. Elle s’est jetée à mon cou en s’exclamant : « Charlie, on l’a fait… Je t’ai donné ma vie. » J’ai saisi ses bras pour m’en dégager et lui ai répondu : « Ce que tu as fait, petite, tu l’as fait pour toi ! Ce que tu viens juste de faire, c’est de m’impliquer. » Je me suis écarté d’elle pour me diriger vers la bagnole. Tex était en train d’en sortir en se tenant la jambe. J’ai d’abord cru qu’il était blessé, mais il s’était juste fait mal en frappant une victime à coups de pied. Il avait le regard vitreux et affichait un grand sourire. Il n’était pas aussi allumé que Sadie mais ne semblait guère éprouver de remords. Au contraire et malgré sa jambe folle, il arborait un petit air supérieur. On a échangé une poignée de main et une accolade fraternelle. Je lui ai dit : « T’éloigne pas, faut que tu me racontes. » Linda et Katie sont sorties lentement du véhicule et je voulais leur parler pour voir comment elles se sentaient. Pas très bien, m’ont-elles avoué. Je leur ai demandé de s’assurer qu’il n’y avait rien d’incriminant sur et dans la voiture, et après, que tout le monde file au lit ! Sadie, qui avait remarqué quelque chose ressemblant à du sang sur la carrosserie, revenait déjà du saloon avec de quoi nettoyer. Elle finissait son boulot de nuit sans qu’on ait rien besoin de lui ordonner. Une fois la bagnole récurée et inspectée sous toutes ses coutures, Tex, Sadie et moi, on s’est réunis dans le dortoir et j’ai enfin pu avoir le compte rendu complet de leurs activités. Sadie était en ébullition et ne tenait pas en place ; c’est surtout elle qui a parlé. […] Ils sont tranquillement entrés dans le salon où ils ont aperçu la première des quatre personnes se trouvant sur les lieux. C’était un homme (Voytek Frykowski) qui s’était assoupi sur un divan, toutes lumières allumées. Tex a indiqué aux filles où se placer de manière à ce qu’il soit encerclé et s’est approché du type endormi. « Réveille-toi ! », a-t-il jeté en lui mettant le flingue sous le nez. L’homme a ouvert les yeux et s’est retrouvé avec le canon d’un revolver à moins de quinze centimètres de son visage. Choqué, il a tenté de se redresser, mais Tex lui a collé le flingue sur le front en lui intimant de ne pas bouger d’un pouce. Sadie était tout émoustillée de raconter : « Charlie, t’aurais dû voir ça. Tex était au-dessus du mec avec un revolver dans une main et un couteau dans l’autre. Avec la corde qu’il portait enroulée sur l’épaule, il m’a fait penser à un bandolero mexicain. Et quand le type lui a demandé qu’est-ce qu’il faisait là, qui il était et qu’est-ce qu’il voulait, Tex a répondu : “Je suis le diable et je veux ton argent 2.” Tex ressemblait vraiment au diable. » Tex a envoyé Sadie chercher de quoi ligoter le mec parce qu’il avait une autre idée pour la corde qu’il avait apportée. Elle est revenue avec une serviette avec laquelle elle et Katie ont attaché les bras du type dans son dos. Sadie est alors partie explorer la maison à la recherche d’autres occupants. Devant la porte ouverte d’une chambre, elle a vu une jeune femme (Abigail Folger) allongée dans un lit en train de lire. D’après Sadie : « C’était vraiment marrant. On aurait dit qu’elle s’attendait presque à me voir là. Elle m’a regardée et m’a dit “salut”, alors j’ai répondu en lui faisant un petit signe de la main et j’ai continué jusqu’à une autre porte. Là, j’ai vu une femme enceinte (Sharon Tate) sur un lit. Elle était très belle. Tu l’aurais adorée, Charlie. Un type (Jay Sebring) était assis au bord du lit et lui tenait la main tout en lui parlant. Ils n’ont même pas levé les yeux. Je suis repartie au salon et j’ai dit à Tex qu’il y avait trois autres personnes. » Tex lui a demandé de les ramener dans le salon. Sadie s’est montrée très fière d’avoir réussi à accomplir cette mission avec seulement un couteau. Une fois tout le monde réuni dans le salon, Tex a pris les commandes et a réclamé de l’argent. Il a refilé la corde aux filles et leur a ordonné de la passer autour du cou des otages. Avant qu’elles n’y parviennent, le deuxième type (Jay Sebring) a amorcé un mouvement vers Tex, qui lui a tiré dessus. Touché, Sebring est tombé à terre en regardant Tex d’un air horrifié et incrédule. C’est là que Tex lui a balancé un coup de pied au visage et s’est blessé. Jusqu’ici, tout s’était passé sans anicroche pour les trois maraudeurs, mais avec le coup de feu et le premier blessé, la peur et la frénésie ont gagné les victimes qui ont cherché à défendre leurs vies. Hélas, ces jeunes étaient venus pour tuer, et de la manière la plus choquante et spectaculaire possible. Aussi la résistance désespérée des victimes n’a-t-elle fait que décupler la violence des assaillants. Sebring gisait toujours au sol. Tate et Folger hurlaient mais se sont tues quand les filles les ont menacées de leurs couteaux. Sebring et les deux femmes ont été attachés ensemble par une corde passée autour du cou. Ils ont demandé ce qu’on allait leur faire. Tex les a informés qu’ils allaient devoir mourir pour sauver un frère. Les deux femmes sont devenues hystériques et ont supplié qu’on leur laisse la vie sauve. Sadie s’apprêtait à mieux ligoter Frykowski lorsque Tex lui a lancé : « Tue-le ! » Elle a levé son couteau, prête à frapper, mais l’homme a libéré ses mains et l’a attrapée par les cheveux. Ils se sont battus, Sadie poignardait dans tous les sens tandis que Frykow­ski lui empoignait les cheveux en essayant de parer les coups de couteau. L’arme est tombée quelque part près du canapé. Grièvement blessé, Frykowski s’est dégagé et s’est précipité vers l’extérieur. Tex a laissé Katie tenir Sebring, Folger et Tate par la corde et a couru rattraper le fuyard qui était parvenu à sortir dans le jardin, où il s’est battu avec l’énergie du désespoir contre Tex qui tentait de l’achever au couteau. Tex s’est interrompu en entendant Katie hurler. Pendant que lui et Sadie s’occupaient de Frykowski, Folger s’était libérée du nœud coulant et essayait de s’enfuir. Katie l’avait rattrapée mais avait le dessous. Tex est intervenu. Il a violemment frappé Folger sur la tête avec la crosse du revolver et l’a poignardée sans relâche, jusqu’à la laisser pour morte. Il a également plongé son couteau dans le corps de Sebring qu’il avait vu bouger avant de retourner finir le boulot sur Frykowski. Pendant ce temps-là, Tate, paralysée par la peur, n’avait pas bougé d’un pouce. Les trois jeunes se trouvaient dehors avec Frykowski quand elle s’est mise à courir dans la direction opposée. Katie l’a vue et a prévenu Sadie. Les deux filles l’ont facilement rattrapée et ramenée dans le salon. Toujours indemne, Sharon était désormais seule face aux trois tueurs. Ignorant ses suppliques pour sa vie et celle de son enfant à naître, Sadie l’a maintenue pendant que Tex la poignardait. Mais à un certain moment, Sadie a pu emprunter le couteau de quelqu’un d’autre, car elle a affirmé avoir elle aussi poignardé Sharon. Les jeunes sont ensuite passés à l’exécution de la mise en scène maléfique destinée à « sortir Bobby de prison ». Sadie a écrit le mot « PIG » dans la maison avec le sang de Sharon. Ils ont abandonné l’idée de pendre les victimes à une poutre, car « c’était trop le bordel et on était trop vannés ». Linda s’était barrée et attendait dans la voiture, moteur en marche. Sur le chemin du retour, ils ont balancé leurs vêtements et leurs armes à différents points du trajet sans arrêter de rouler.   — Ce texte est extrait du livre Charles Manson par lui-même, paru le 16 mai aux éditions Séguier. Il a été traduit par Laurence Romance.
LE LIVRE
LE LIVRE

Charles Manson par lui-même, propos recueillis par Nuel Emmons de Charles Manson, éditions Séguier, « L’indéfinie », 2019

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