Alain Prochiantz : « La radicale originalité de Sapiens »

Notre particularité, c’est notre cerveau. Comparé à celui des autres animaux, chimpanzés compris, il est littéralement monstrueux. C’est lui qui nous permet de concevoir des droits pour d’autres espèces.


© Dani Pozo / AFP

Madrid, décembre 2011. « Combien de vies pour un manteau ? » interrogent ces militants animalistes pour dénoncer l’industrie de la fourrure.

Alain Prochiantz est chercheur en neurobiologie et professeur au Collège de France. Ses derniers ouvrages parus sont : Qu’est-ce que le vivant ? (Seuil, 2012) et Darwin, 200 ans (Odile Jacob, 2010).   Un biologiste déclarait récemment : « Nous n’avons cessé, depuis Descartes, de chercher tout ce qui nous distingue des autres animaux. C’est évidemment absurde et scientifiquement sans intérêt 1. » Ce n’est manifestement pas votre point de vue… Il faut bien accepter que nous sommes nous aussi des animaux et que nous partageons beaucoup de traits avec les autres primates. Cela ne veut pas dire que nous sommes des singes comme les autres, tant les mutations qui ont donné naissance à la lignée des hominidés puis à Sapiens ont eu des effets biologiques et culturels hors de proportion avec la distance génétique qui sépare celui-ci de ses cousins bonobos et chimpanzés. Je pense qu’il n’est nullement absurde et qu’il est scientifiquement d’un grand intérêt d’identifier ce qui nous sépare d’autres animaux.   Que savons-nous de la distance...
LE LIVRE
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Singe toi-même de Alain Prochiantz, Odile Jacob, 2019

ARTICLE ISSU DU N°98

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