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Les bienfaits insoupçonnés de la lumière du soleil

En cette période hivernale, où les jours sont courts, peu d’entre nous iraient contester l’idée que la lumière naturelle est indispensable à notre bien-être. Avec Chasing the Sun, la journaliste britannique Linda Geddes transforme notre intuition en démonstration scientifique. Cet ouvrage « a été écrit à la suite de la découverte des mécanismes moléculaires régissant le rythme circadien, qui valut aux chercheurs le prix Nobel de médecine en 2017, mais d’autres remarquables conclusions remplissent également ses pages », analyse Caspar Henderson dans The Guardian. Le rythme circadien désigne l’ensemble de nos processus biologiques qui ont lieu de façon périodique, toutes les 24 heures.

Horloge circadienne

Or nos modes de vie actuels sont assez peu en phase avec notre horloge circadienne, pointe Linda Geddes. À commencer par la façon dont nous sommes quotidiennement exposés à la lumière. Dans la journée, nous ne prenons pas suffisamment le soleil, et la nuit tombée, nous sommes bombardés par la lumière artificielle de nos écrans. Celle-ci empêche la sécrétion de mélatonine, « l’hormone du sommeil », qui assure la régulation de notre rythme biologique. Cela expliquerait cette fatigue perpétuelle, dont se plaignent beaucoup de nos contemporains.

Mais l’effet de la lumière sur notre organisme ne s’arrête pas là, insiste l’auteure. L’exposition aux rayons du soleil aurait également une incidence sur la vue. Les enfants de Singapour, qui passent en moyenne 30 minutes par jour dehors, ont un taux de myopie trente fois supérieur à celui des petits australiens, bien plus libres de jouer à l’air libre.

Maladies auto-immunes

Par ailleurs, l’exposition prolongée à la lumière naturelle permettrait de réduire la prévalence de nombreuses maladies auto-immunes, comme en témoigne une surprenante étude menée en Iran. Historiquement, la population iranienne affichait un taux extrêmement bas de sclérose en plaques. Le pays étant baigné de soleil, ses habitants ne manquaient pas de vitamine D, dont la carence est étroitement liée au déclenchement des maladies auto-immunes. Or, entre 1989 et 2006, des chercheurs de l’université d’Oxford ont observé une multiplication par huit de l’incidence de la sclérose en plaques en Iran. Selon eux, il s’agit-là d’une conséquence de la révolution de 1979, qui, en imposant aux femmes de se couvrir dans l’espace public, a entraîné une carence en vitamine D chez la moitié de la population.

 

À lire aussi dans Books : Le sommeil, un besoin vital qui tourne à l’obsession, novembre 2018.

 

LE LIVRE
LE LIVRE

Chasing the Sun: The New Science of Sunlight and How it Shapes our Bodies and Minds de Linda Geddes, Wellcome Collection, 2019

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