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Les bonnes raisons de la corruption


© Marcos del Mazo/LightRocket / Getty

« On ne nous fera pas taire ! » Les manifestations anticorruption se sont multipliées en Espagne – ici à Madrid, en 2017 – comme dans de nombreux autres pays du monde.

C'est affaire de perception. Jusque vers l’an 2000, le mot « corruption » était tabou au sein de la Banque mondiale. Il est devenu son cheval de bataille. Si l’on entend par corruption le fait de soudoyer un représentant d’un État ou d’une institution ou, pour ce représentant, le fait de se laisser soudoyer, le phénomène est de tous les temps. Mais il est diversement perçu. Les manifestations anticorruption qui ont ébranlé plusieurs pays du monde ces derniers temps, du Brésil à la ­Corée du Sud en passant par l’Espagne et la Roumanie, sont sans précédent. On peut y voir un effet de la mondialisation, ­accentué par la montée des inégalités. S’interroger sur les raisons de la corruption devrait en principe aider à la combattre. Mais, comme le montre l’économiste Paul Collier,
ces raisons varient, au point que dans certains pays la corruption est le mode de fonctionnement habituel. L’exemple de l’Afghanistan en témoigne. Les exhortations des pays riches restent dès lors sans effet. D’autant que, à l’exception d’une poignée d’entre eux, ces pays sont loin de montrer l’exemple. Le football illustre une autre réalité, décrite par l’économiste Olivier Bomsel : la place des États et des institutions d’« accès limité », où les relations entre les acteurs restent de nature plus ou moins féodale. Emmanuel Todd introduit quant à lui une note inattendue en établissant un lien entre corruption et taux de mortalité infantile. Dans ce dossier :

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