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Bruce Springsteen analyse la rock star

Bruce Springsteen est l’un des rares rockeurs à avoir connu le succès tout en cherchant à en comprendre les tenants et les aboutissants. Dans son autobiographie, il s’interroge : comment devient-on une star du rock ? Par quelle force faut-il être habité ? Et peut-on influer sur le cours de l’histoire ?


© Globe Photos/MediaPunch/Dalle

« C’est dans les rues de ma ville natale qu’est née ma passion. » En 1980, Springsteen se fait photographier à Asbury Park, à deux pas de là, pour la pochette de son single Hungry Heart.

Il y a une scène frappante dans Born to Run, l’autobiographie de Bruce Springsteen. Le rockeur vient de sortir, à l’été 1975, l’album qui va le rendre célèbre. Le Boss (surnom qu’il n’aime pas) est au plus haut. Le titre Born to Run habite les listes des meilleures ventes, aux États-Unis comme en Europe. Premier concert à Londres, au Hammersmith Odeon. La Mecque pour le jeune Bruce, biberonné aux deux sources de la religion rock de son temps : Bob Dylan et les Beatles.

 

Springsteen est un mécano expérimenté des concerts de bar, il a également régalé les étudiants sur les campus. La scène, c’est son biotope. Mais, ce soir, avec son groupe, le E Street Band, Bruce doit vraiment lâcher les chevaux ! Or là, son « double maléfique », comme il le nomme, l’empêche d’être à son ouvrage. « En moi, de multiples personnalités se débattent pour se succéder au micro. J’ai du mal à atteindre le point où je me dirai : “Rien à foutre”, cet espace magnifique et nécessaire où tu mets le feu à ton sentiment d’insécurité, où tu baisses la tête et tu fonces, et là, pour l’instant, je sens que je fais trop attention, que je gamberge trop, que je pense trop à… à quoi je pense d’ailleurs ? […] Mon bon copain Peter Wolf, le chanteur génial de J. Geils Band, a dit un jour : “Le truc le plus étrange que tu puisses faire sur scène, c’est de te mettre à penser à ce que tu es en train de faire.” Eh bien c’est exactement ça, je suis en train de faire le truc le plus étrange qu’on puisse faire sur scène, là, maintenant ! »

 

Qui n’a jamais pris, dans le secret de sa chambre d’ado, un micro et une guitare imaginaires pour se la jouer devant le miroir en play-back sur les tubes de son idole ? Le rock appelle ce type de comportement mimétique. Le livre de Springsteen paraît satisfaire aux attentes de ce rêve narcissique : il permet d’entrer dans la peau de la rock star. Sentir ce qu’il sent, penser ce qu’il pense. Il y a naturellement la succession des albums, qui fait découvrir à Springsteen la différence entre faire de la musique et faire des disques, et les mégaconcerts, riches d’anecdotes tour à tour trash ou cocasses.

 

Mais le souvenir amer de l’épisode londonien, lors de la toute première tournée en Europe, brise l’enchantement. Il ne peut y avoir ni joie ni jouissance sous les projecteurs. Juste de l’angoisse. La vie de rock star, du moins celle de Springsteen, ne ressemble pas à l’image d’Épinal. Elle n’est pas un cocktail de sexe, de drogues et de rock’n’roll. C’est que Springsteen n’idéalise pas, mais analyse. Il est cet homme double qui vit et, parfois pour son malheur, se regarde en train de vivre. Fils de prolétaire, il a pourtant peu de considération pour un exercice qui consiste, chez les riches, à « se regarder le nombril », comme il dit : « Dans le New Jersey, dans mon milieu, le métier de psychiatre-psychanalyste pourrait aussi bien ne pas exister. » Mais avec le succès mondial qui lui tombe dessus à 25 ans surgit le risque du néant. Il consent alors à aller voir un psy sur le conseil de Jon Landau, le critique qui avait prédit dans l’un de ses articles, au début de la carrière de Springsteen, que celui-ci était « l’avenir du rock ».

 

Avec cette autobiographie, il se ­révèle être un des meilleurs connaisseurs de l’histoire du rock. Exception notoire dans un milieu où le passé compte peu et où on a le culte de la jeunesse et de l’instant. « Bien sûr on peut concevoir d’être une supernova dans le ciel, de briller et de brûler un bref instant, d’avoir des chiffres de vente qui crèvent le plafond et de mourir jeune et encore beau, mais je voudrais quand même dire quelques mots en faveur de la vie. Personnellement j’aime que mes dieux vieillissent, qu’ils aient le poil grisonnant et surtout qu’ils soient encore là. Je suis content d’avoir encore Dylan et les Stones, ces pirates toujours d’attaque ; j’aime la puissance en live des Who sur le mode j’espère-vivre-très-vieux-avant-de-crever 1 et le Brando obèse mais fascinant jusqu’au bout – je préfère toutes ces options à la mort. » Loin de sacrifier au pacte faustien qui voudrait associer à la rock star le mythe tragique de l’éternelle jeunesse (comme Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison ou Amy Winehouse, tous fauchés à 27 ans), Springsteen est, parmi ces « vieux rockeurs », l’un des rares à avoir en même temps connu le succès et voulu en comprendre les effets dans la durée. Ce livre de confessions écrit comme une ballade est ainsi une formidable exploration de ce qu’est une rock star.

 

Qu’est-ce qu’une rock star ? Peut-on vraiment le devenir ? Ou bien est-on, si l’on peut dire, élu par le destin, par la grâce d’une belle gueule, d’une belle voix ? Par quelle force faut-il être habité ? Qu’est-ce que cela fait d’être acclamé par des stades remplis de plus de 100 000 fans ? Plus qu’une autobiographie, le livre est une pièce importante pour comprendre l’invention de la rock star – le phénomène peut-être le plus fascinant du XXe siècle. Springsteen est au cœur de cette machine, qui tourne à plein régime dans les années 1970. Il reprend les choses depuis l’enfance – comme Keith Richards, le guitariste des Stones, avec l’autre grand livre de Mémoires « pop » qu’est Life2.

 

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Même s’il appartient à la seconde géné­ration, celle qui vient justement après les Stones, Springsteen, admirateur des bluesmen Robert Johnson et John Lee Hooker, est encore en contact avec les énergies primordiales qui cascadent à travers Woodstock jusque dans les années 1970, et déjà à cheval sur la révolution qu’introduisent le lancement de la chaîne musicale MTV et l’apparition des clips au tout début des années 1980. Sans en avoir conscience, il ­décrit presque en sociologue pourquoi et comment le phénomène progresse – à la vitesse du son !

 

La star, dopée par une exposition média­tique tous azimuts (disques, ­radio, télé, concerts), se reflète dans un nombre toujours plus considérable d’indi­vidus. Chaque fan répercute, à son tour, une part de l’idole en l’imitant. C’est la force de ce mouvement que de prendre vie, de se reproduire et se multiplier à l’infini, dans les têtes et les corps. Springsteen n’en est-il pas lui-même ­l’illustration ? Fasciné à 7 ans par la prestation d’Elvis puis, quelques années plus tard, par celle des Beatles dans « The Ed Sullivan Show », l’émission de variétés culte de la télévision américaine, il ­n’aura de cesse d’imiter le premier (danser comme le King) et de copier les seconds (avoir les cheveux longs comme les Fab Four). Ces apparitions successives sont comme la révélation d’une nouvelle religion où l’on s’efforce de ressembler à ses dieux pour mieux les adorer. Sans doute y avait-il un terrain favorable chez Springsteen, le gamin né d’une tribu ­italo-irlandaise dans une maison accolée à une église…

 

Est-ce vraiment un hasard si le marathonien des concerts de plus de cinq heures écrit ainsi une autobiographie de plus de 600 pages ? Springsteen est une rivière qui coule. Sans faire de littérature, il raconte. Fuyant l’autocélébration ou l’héroïsation d’un quelconque génie rock – il n’oublie jamais la dimension collective de son aventure –, sans éviter parfois quelques coquetteries (la rencontre avec Jack Nicholson et quelques autres célébrités), il poursuit en artisan besogneux ce que le songwriter a voulu faire : créer, à force de travail (maître mot du livre), la bande-son de son existence. « J’ai réalisé que c’était là, dans les rues de ma ville natale, qu’étaient nées ma vocation, ma voie, ma passion. De même que c’était dans le catholicisme, dans la vie de quartier de ma famille, que j’avais trouvé un autre pan de ma “genèse”, le commencement de mon chant. […] Je voulais que ma musique s’enracine dans ma vie. […] La plupart de mes textes sont des autobiographies émotionnelles. »

 

Sa vie aurait pu être tout autre : il aurait pu rester à Freehold, cette ville balnéaire du New Jersey partagée entre les quartiers ouvriers, ceux des blousons noirs et les secteurs plus résidentiels, près des plages, où prospèrent les « blousons dorés ». Qui sait s’il ne serait pas devenu chauffeur de taxi, travailleur à la chaîne, gardien de prison, conducteur de bus, camionneur ? Conscient d’avoir échappé à cette fatalité prolétaire, Bruce confesse : « J’avais le sentiment d’avoir des dettes envers les gens aux côtés de qui j’avais grandi, et j’avais besoin d’explorer ce sentiment. »

 

Les uns racontent leur vie pour s’expli­quer. D’autres pour prendre leur revanche. D’autres encore pour se réinventer. Springsteen écrit pour trouver du sens à cette vie qui lui est tombée dessus. Toute vie n’accède à sa plénitude qu’à partir du moment où elle s’incarne dans un récit, affirme le philosophe Paul Ricœur. Et cette « identité narrative » doit expliquer dans le même mouvement comment on est resté « le même » et comment, pourtant, on est devenu « soi-même ».

 

Cette injonction contradictoire ­résonne avec une profondeur particulière dans le cas de Springsteen, qui a dû, pour trouver « [s]on chant », échapper à son milieu, s’arracher à sa famille notamment, et aussi, pour être vrai, lui demeurer fidèle. Être le même et soi-même. Pris entre ces deux pôles antagonistes, il oscille. Comment expliquer autrement cette alternance de moments où il fait l’expérience de l’errance, traversant plusieurs fois le pays d’est en ouest, et ceux où, tiré en arrière par un élastique invisible, il retourne invariablement dans le New Jersey ?

 

La toute première traversée des États-Unis, au cours de l’année 1970, est une initiation. Springsteen part dans un vieux camion fatigué aux côtés de ­Tinker, un vendeur de planches de surf qui s’est improvisé imprésario. Il ne sait pas conduire. Qu’importe, il se retrouve au volant la trouille au ventre, avec, dans le cerveau, des images d’Easy Rider, portrait pas franchement sympathique de l’Amérique profonde. « Conduire me rendait euphorique tandis qu’on traversait le désert à l’aube. Les canyons aux ombres bleu foncé et pourpres se découpaient sur le ciel aux couleurs délavées et, derrière nous, on apercevait les silhouettes noires des montagnes. » Malgré ce ­lyrisme, et le goût qu’il a pour Kerouac et sa mytho­logie de la route, la traversée de l’Amérique ne correspond pas, chez lui, à la reconnaissance d’une nouvelle liberté. Son nomadisme, plus sombre, exprime l’intranquillité d’un homme alors incapable de se fixer. Jusqu’à ce que, sur le tard, il parvienne enfin à stopper ce mouvement chaotique pour revenir définitivement, Ulysse moderne, vivre à quelques kilomètres à peine de son lieu de naissance.

 

Springsteen émeut parce qu’il n’est jamais loin des vérités et des émotions de l’enfant. Il y consacre en 1982 un ­album, Nebraska, « méditation improm­ptue sur mon enfance et ses mystères ». C’est particulièrement vrai de la rela­tion qu’il entretient avec son père. Cette ­figure ­domine le livre comme un ­colosse. Depuis le tout premier souvenir d’enfant : « Je distinguais un tabouret de bar, des chaussures noires, des chaussettes blanches, un pantalon de travail, des hanches, de puissantes jambes, une ceinture porte-outils, puis le visage, légè­rement bouffi par l’alcool, qui me toisait à travers la fumée de cigarette. » Tout – les grands moments, les (très) hauts, les (très) bas – passe à travers le filtre du pater­nel, dépressif, alcoolisé, brut et pathé­tique, aimant et négligent à la fois. Au point de donner au livre des apparences de « lettre au père ». La naissance de la rock star doit beaucoup, sinon tout, à la colère, à cet amour-haine.

 

1975 : en plein décollage, le timide Springsteen est au pied du mur. Il lui faut accorder des interviews aux magazines Time et Newsweek, sinon il ne fera pas la couverture. L’enjeu est de taille. Mais il est réticent. Pourtant, écrit-il, « pas question que je me retrouve quarante ans plus tard, dans mon rocking-chair, à ruminer les j’aurais pu, j’aurais dû, j’aurais pas cru. Je pensais à mon père pleurnichant dans son nuage de fumée de cigarette : “J’aurais pu accepter ce job avec la compagnie du téléphone, mais il aurait fallu que je voyage…”, lui qui, à la place, avait choisi l’option lumières éteintes dans la cuisine, blues, bière et ressentiment contre sa famille qui l’avait soi-disant empêché de faire ce qu’il ­aurait pu faire. Un homme fichu. »

 

La rage d’agir plutôt que celle de ruminer. La foi en soi, jusqu’à l’arrogance peut-être, plutôt que le ressentiment du raté. La vie dans la lumière plutôt que le séjour dans l’ombre. La vie du fils comme le contretype de celle du père. Et pourtant, ce qui est touchant, c’est qu’il ne manque pas de moments où les deux Springsteen se cherchent sans se trouver. Comme dans cette partie de pêche au Mexique que le père entend payer à son fils (déjà riche). Mais la pêche au gros, quête d’un improbable Moby Dick du pauvre, tourne au voyage crapoteux, sur un rafiot enfumé et puant le gazole.

 

Mettre des mots et des rythmes sur son histoire familiale n’aurait pas suffi à faire de Springsteen cette légende américaine. Ses chansons touchent quelque chose au-delà de la simple histoire d’un gars du New Jersey. Elles emportent avec elles, dans la violence brute du rock, un morceau d’histoire des États-Unis, au tournant des années 1980. Il y aura bientôt Michael Jackson. Mais, pour l’heure, c’est lui qui saisit l’esprit du temps. Son chant de l’homme blanc sonne juste – à la bonne heure sur le cadran de l’histoire, et sans une fausse note.

 

Qui mieux que Springsteen avec sa voix cassée pour chanter le rêve fracassé de l’Amérique ? C’est qu’il fait partie de cette nation battue et blessée, doutant d’elle-même et se survivant tant bien que mal après la démission de Nixon, la chute de Saigon et le début de la désindustrialisation. L’autobiographie, comme toute son œuvre, met l’Amérique sous la lamelle d’un microscope. Comme il l’écrit, « ça m’intéressait en particulier de savoir ce que signifiait être américain, être ce modeste participant à l’histoire en cette période où l’avenir semblait aussi flou et changeant que la fine ligne de l’horizon. Est-ce qu’un artiste rock pouvait contribuer à sculpter cette ligne, à influer sur sa direction ? ».

 

Le chant de Springsteen ne peut rien. Même s’il donne avec son groupe de nombreux concerts au bénéfice de communautés en difficulté ou d’associations à mesure que l’Amérique s’enfonce dans la crise. Il sait la puissance réparatrice de son rock, arrimé en profondeur au blues, devenu un véritable lamento qui accompagne la fin d’un rêve. Il assiste à la dégringolade industrielle du New Jersey. Plusieurs de ses amis perdent leur ­emploi lorsque les usines ferment. The River (un de ses tubes, auquel il consacre un chapitre) s’inspire ainsi de l’histoire du jeune couple de prolétaires que forment sa sœur (mère à 17 ans) et son beau-frère, en pleine détresse sociale. Springsteen ne peut oublier les solidarités ouvrières qui se construisent, à Freehold, devant les chaînes d’assemblage et dans les bars. Le paradoxe – la fameuse « dette » –, c’est qu’il fabrique sa réussite sur la défaite de son milieu d’origine. Mais il le fait – comme pour en payer le prix – dans la douleur, avec acharnement, au prix de mois de souffrances dans les studios et d’engueulades avec les autres musiciens ou avec les producteurs qui s’agacent face à cette star entêtée. Springsteen réalise, dans ce jeu de qui perd gagne, une dernière fois le rêve américain : partir de rien pour arriver tout en haut.

 

Et, en 1984, tout au sommet, la chanson Born in the USA est, pour Bruce, « l’explosion nucléaire. […] Je ne sais pas, c’est toujours un peu mystérieux, un succès de cette envergure. […] Je m’étais blindé […]. N’empêche que ça allait être rude. » Près de quinze ans après l’hymne américain torturé par la guitare de Jimi Hendrix, Springsteen en invente un autre, drôlement plus ambigu. Ronald Reagan, alors à la Maison-Blanche, lui adresse un compliment. Qu’il refuse. Sans être vraiment engagé, on est démo­crate chez les Springsteen.

 

La genèse de Born in the USA tient du miracle. Bruce vole le titre à un scénario de Paul Schrader, écrit rapidement les paroles, enregistre le titre en une prise avec le groupe. C’est la conscience malheureuse de l’Amérique qui se matérialise alors dans ces sons. Avec sa célèbre entame à la grosse caisse, si confiante et conquérante, qui peut penser que le morceau est en réalité une nécro­logie ? Les paroles, elles, racontent le déses­poir d’un de ces soldats de retour que l’Amérique ne veut pas voir, parce qu’ils incarnent la défaite et la mauvaise guerre. De son frère, mort à Khe Sanh, il ne reste qu’une photographie entre les bras d’une fille à Saigon. Springsteen métabolise en une chanson toute cette production qui interroge le sens de la catastrophe vietnamienne. L’ironie de l’histoire, c’est que Born in the USA, dont il fait écouter la version achevée au président de l’association Vietnam Veterans of America, est, malgré le succès, une chanson incomprise. Avec ses refrains déclaratifs et ses couplets dépressifs, Springsteen revendiquait le droit à « une voix patriotique “critique” allant de pair avec la fierté de la patrie ». Tout un programme.

 

— Ce texte a été écrit pour Books.

Notes

1. Clin d’œil au célèbre vers de la chanson des Who, My Generation : « Hope I’ll die before I get old» (« J’espère mourir avant de devenir vieux »).

2. Traduit de l’anglais par Bernard Cohen et Abraham Karachel, Points, 2011.

LE LIVRE
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Born to Run de Bruce Springsteen, Le Livre de poche, 2017

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