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Charité bien ordonnée

Dans Winners Take All, le journaliste et essayiste américain Anand Giridharadas « se moque sans pitié des riches qui voudraient bien tout changer sauf les règles qui permettent et protègent leur statut. Il tourne en dérision les concepts qu’ils ont forgés tels que “gagnant-gagnant”, cette idée qu’il n’y a pas de contradiction entre garnir son portefeuille et faire le bien », commente Lucia Graves dans The Guardian. L’auteur ne fustige pas la philanthropie en tant que telle, mais son usa
ge comme « appareil de justification ». Plutôt que de remettre en question le fonctionnement même de la société, certains ultrariches préfèrent financer d’extravagants projets destinés à résorber les inégalités – inégalités dont eux-mêmes bénéficient, pointe-t-il. Giridharadas dresse le portrait de ceux qu’il appelle les « champions du don », ces patrons qui se sont distingués pour leurs largesses. Il s’intéresse par exemple aux Sackler, une illustre famille de philanthropes américains. Ils ont bâti leur fortune (13 milliards de dollars) grâce à l’industrie pharmaceutique, notamment la vente de médicaments opiacés. C’est leur entreprise, Purdue Pharma, qui commercialise l’OxyContin, cet antidouleur extrêmement addictif accusé d’être à l’origine de la crise des opioïdes aux États-Unis. Paradoxalement, souligne l’auteur, ce que l’on retient des Sackler, ce sont leurs activités philanthropiques et leur mécénat – l’aile nord de la cour Carrée du Louvre a été réaménagée grâce à eux.
LE LIVRE
LE LIVRE

Winners Take All: The Elite Charade of Changing the World de Anand Giridharadas, Knopf, 2018

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