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Le collectif fait la force de la science

Pour Donald Trump, le lien entre vaccin et autisme est avéré. Et le vice-président américain Mike Pence a exprimé des réserves sur la théorie de l’évolution. « C’est vraiment un problème que les dirigeants américains récusent la science, car cela revient à dire à la population et aux entreprises qu’il n’y a aucun mal à discréditer la science et même à faire fi de ce que disent les chercheurs. Cela montre aussi le problème n’est pas un manque d’accès à l’information scientifique. Le président américain est sans doute la personne la mieux informée de la planète, mais il écarte les données sur un certain nombre de sujets parce qu’elles vont à l’encontre de ses intérêts », estime l’historienne des sciences Naomi Oreskes dans un entretien donné au quotidien britannique The Guardian.

Faire confiance à la science

Déjà auteure avec son confrère Erik M. Conway d’un ouvrage remarqué sur les stratégies des industriels pour discréditer les études scientifiques qui nuisent à leurs intérêts (Les Marchands de doute, Le Pommier, 2012), elle tente cette fois de montrer pourquoi il faut faire confiance à la science.

« Naomi Oreskes concède que les scientifiques se trompent parfois. Mais une communauté scientifique, quand elle fonctionne bien, offre des possibilités de critique et de contestation qui permettent de bâtir un consensus », observe la journaliste Hettie O’Brien dans l’hebdomadaire britannique New Statesman. La relecture des publications par les pairs, le fait que les chercheurs exposent leurs premiers résultats dans des colloques et des ateliers sont des gages de crédibilité. C’est le caractère collectif de la science qui fait sa force, affirme Oreskes.

Un processus social

Elle « souligne le besoin d’une diversité de méthodes et d’une diversité de points de vue dans le processus social de la science », ajoute la chercheuse Elisabeth Gilmore dans la revue Science. Ainsi, la « théorie de l’énergie limitée » invoquée au XIXe siècle pour barrer l’accès des femmes aux études supérieures au motif que cela nuirait à leur fécondité n’aurait sans doute pas eu un tel écho si la communauté scientifique avait été plus mixte.

Pour accroître la confiance dans la science, Oreskes estime que les chercheurs doivent parler des valeurs qui les animent. « Les valeurs des scientifiques sont souvent moins différentes qu’on pourrait le penser de celles de leurs contempteurs. Et quand les valeurs se rejoignent, il est possible de bâtir de la confiance », assure-t-elle.

À lire aussi dans Books : Un ancien trader au chevet de la science, mars-avril 2018.

LE LIVRE
LE LIVRE

Why Trust Science ? de Naomi Oreskes, Princeton University Press, 2019

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