Marie Colvin, la tête brûlée
par Amandine Meunier
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Marie Colvin, la tête brûlée

Écrit par Amandine Meunier publié le le 5 février 2019

Où s’arrête le courage, où commence la témérité ? Lindsey Hilsum, ancienne reporter de guerre, aujourd’hui responsable du service International de la chaîne de télévision britannique Channel 4, s’est posé cette question après la mort de son amie et consœur Marie Colvin. Cette correspondante de guerre américaine a été tuée, au coté du photographe français Rémi Ochlik, dans le bombardement d’un centre de presse à Homs le 22 février 2012 par l’armée syrienne. « Hilsum, qui avait dîné avec elle quelques jours plus tôt à Beyrouth, avait décidé qu’il était trop dangereux d’y aller », souligne la journaliste Margaret Ward dans The Irish Times.

Personnage

S’il lui avait demandé de quitter Homs, The Sunday Times, principal employeur de Colvin, misait sur son image de tête brûlée, rappelle Hilsum dans In Extremis. Entre son goût du glamour, de l’alcool, de la fête, des hommes et du risque et son bandeau sur l’œil gauche (perdu au Sri Lanka en 2001), elle était elle-même un personnage. Le portrait qu’en a fait la journaliste américaine Marie Brenner dans le magazine Vanity Fair à l’occasion de sa mort a d’ailleurs été porté à l’écran l’an dernier sous le titre A Private War. Mais dans In Extremis, Lindsay Hilsum « qui a eu accès à toutes les notes et journaux intimes de Colvin, explore bien plus profondément la vie intérieure complexe de son sujet », note le reporter Joshua Hammer dans The New York Times. Elle évite cependant l’hagiographie, souligne la critique Lara Feigel dans The Guardian, « en ponctuant son récit d’interrogations sur le rôle et l’éthique des reporters de guerre ».

Ethique

Colvin n’avait pas une vision cynique de son métier. Son premier fait d’arme était d’avoir évoqué, en 1987, en pleine guerre du Liban, des réfugiées palestiniennes tombant sous les balles des miliciens en essayant de quitter un camp assiégé pour se procurer de la nourriture. Trois jours après la parution de son article, le siège prenait fin. Depuis, Colvin restait persuadée que les reporters de guerre pouvaient faire la différence.

À lire aussi dans Books : Des crayons et des kalachnikovs, juillet-août 2018.

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