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Ce que la Corée du Nord veut bien montrer

« Il n’est pas permis d’entrer dans le pays avec une caméra vidéo. La focale de l’objectif des appareils photo doit être inférieure à 250 mm. Les guides indiqueront quand il est autorisé de prendre des photos et il est impératif de suivre leurs consignes ». Voilà les injonctions auxquelles a dû se plier la politologue et journaliste argentine Florencia Grieco lors de ses deux séjours en Corée du Nord, en 2015 et 2017. De ses incursions dans l’un des pays les plus fermés de la planète, elle a tiré un livre, En Corea del Norte. « Peu d’Occidentaux savent aussi bien qu’elle à quoi ressemble la vie en Corée du Nord de nos jours », commente Sebastián Fest dans le quotidien argentin La Nación. Et pour cause, seulement 4 000 visiteurs occidentaux s’aventurent dans le pays chaque année.

Voyage en Corée du Nord

Bien entendu, il n’est pas question d’arpenter la Corée du Nord à sa guise. La journaliste argentine a dû obtenir un visa touristique et passer par l’une des agences de voyage établies en Chine qui se sont spécialisées dans le tourisme nord-coréen. Le circuit est strictement balisé et deux guides accompagnent chaque visiteur en permanence, raconte Florencia Grieco. Pourquoi deux ? Pour qu’ils se surveillent l’un l’autre.

Dans ces conditions, difficile d’appréhender la réalité de la vie quotidienne, et la journaliste ne se fait pas d’illusions : « Je ne suis pas allée là-bas en pensant découvrir la vérité sur la Corée du Nord, je sais que ce n’est pas possible. Ce qui m’intéressait, c’était de voir ce que le régime voulait montrer à ceux qui pénètrent dans son univers et comprendre ce qui a de l’importance à leurs yeux», explique-t-elle au quotidien espagnol El País.

Ce que le régime veut montrer

Florencia Grieco a documenté le quotidien de la capitale, Pyongyang, mais également celui de villes rurales du nord-est du pays. Elle décrit le système du Songbun, qui structure l’ensemble de la société nord-coréenne. Mis en place en 1967, il classe les citoyens en cinq catégories en fonction du statut et du comportement de leurs ancêtres paternels : le « noyau », les « incertains »,  les  « hostiles », les « spéciaux », et les « complexes ». Le songbun détermine le lieu de résidence des individus, les études qu’ils peuvent faire, les métiers et les mariages auxquels ils peuvent prétendre, pointe l’auteure.

 

Autre source d’étonnement, Florencia Grieco relate que les postes de radio nord-coréens n’ont pas d’écran affichant la bande de fréquences. Pourquoi en auraient-ils besoin, puisqu’il n’y a qu’une seule station officielle ?

À lire aussi dans Books :« Brian R. Myers : “La Corée du Nord est un régime infantilisant d’extrême droite” », avril 2011.

LE LIVRE
LE LIVRE

En Corea del Norte. Viaje a la última dinastía comunista de Florencia Grieco, Debate, 2019

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