L’esprit critique ne prend pas de vacances ! Abonnez-vous à Books !

Dans l’enfer du « Grand bond »

« Nous enregistrons quelques décès ; ce n’est rien ! » Derrière ce « rien » d’un cadre du Parti communiste chinois vers 1960 se cachait l’une des famines les plus meurtrières de l’histoire.

« Nous enregistrons quelques décès ; ce n’est rien ! » Derrière ce « rien » d’un cadre du Parti communiste chinois vers 1960 se cachait l’une des famines les plus meurtrières de l’histoire. « L’Occident connaît cette catastrophe dans ses grandes lignes depuis des décennies, note la Literary Review. Mais l’historien Frank Dikötter en expose les détails à la lumière d’archives locales et provinciales récemment ouvertes. » Et ces détails sont atroces : cannibalisme, enfants agonisants abandonnés dans les champs… Le récit de Dikötter – « chef-d’œuvre d’enquête historique » pour le New Statesman – est souvent insoutenable. Il confirme aussi l’ampleur du désastre : au moins 45 millions de morts entre 1958 et 1962, dont 2 à 3 millions par exécution sommaire ou torture. À l’origine du carnage, la politique du « Grand Bond en avant » de Mao visant à une transformation radicale de l’économie. Des paysans durent abandonner leurs champs pour travailler sur des chantiers inutiles, pendant que des centaines de milliers d’autres faisaient fondre leurs outils afin de gonfler la production d’acier. Ces aberrations affamèrent les campagnes alors que le pays conti¬nuait à exporter des denrées agricoles.

LE LIVRE
LE LIVRE

La grande famine de Mao. Histoire de la plus terrible catastrophe chinoise, 1958-1962 de Tout le savoir de la forêt, Bloomsbury

SUR LE MÊME THÈME

Périscopes Donner corps à la faim
Périscopes Les esclaves oubliés d’Indonésie
Périscopes Tout le savoir de la forêt

Dans le magazine
BOOKS n°100

DOSSIER

Du bon usage de l'esprit critique

Chemin de traverse

16 faits & idées à glaner dans ce numéro

Edito

Esprit critique, es-tu là ?

par Olivier Postel-Vinay

Philosophie

L’esprit critique comme obscurantisme

par Marcel Gauchet

Voir le sommaire

Booksletter,
c'est gratuit !

Retrouvez gratuitement la Booksletter
chaque samedi matin dans votre boîte email.