Ces esclaves qu’on ne saurait voir

En Mauritanie, l’esclavage n’a été que tout récemment aboli puis pénalisé. Mais la pratique perdure et hante la société tout entière.


© Samuel Aranda/Panos/Rea

Cette jeune Mauritanienne a pu fuir en 2013 la famille qui la maintenait en esclavage grâce à l'aide du mouvement abolitionniste IRA.

Les descendants d’esclaves forment aujourd’hui quelque 45 % de la popu­lation mauritanienne. On les appelle les Haratines. Ils jouent un rôle croissant dans la vie poli­tique, d’autant que l’esclavage n’a pas complètement disparu. Aboli officiellement en 1981, il ne devient un délit qu’en 2007. Et encore. Peu après, Biram Dah Abeid, qui venait de fonder l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), est arrêté pour avoir orga­nisé une action de protestation contre le maintien en esclavage de deux domestiques qu’une femme, cadre dirigeante de la Banque centrale, avait reçus en cadeau de mariage… Le livre de Zekeria Ould ­Ahmed Salem, un politologue mauritanien enseignant à l’université de Nouakchott, explore les transformations récentes de la ­société mauritanienne et en profite pour analyser le rôle du colonisateur français sur la question de ­l’esclavage. La plupart des Haratines descendent des esclaves des Arabo-­Berbères, qui venaient du Nord et avaient capturé quantité d’Africains à la peau noire. Bien que minoritaire, la population arabo-berbère continue de domi­ner le pays. Les Noirs du Sud, vivant le long du fleuve Sénégal, ...
LE LIVRE
LE LIVRE

Prêcher dans le désert. Islam politique et changement social en Mauritanie de Zekeria Ould Ahmed Salem, Karthala, 2013

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