Exercez votre flair !
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Exercez votre flair !

Écrit par La rédaction de Books publié le 11 janvier 2019

Border, © Wild Bunch Germany

L’héroïne de Border, d’Ali Abbasi, est dotée d’un odorat très fin. Sentir la culpabilité des gens comme elle le fait relève de la science-fiction, mais notre système olfactif est bien plus développé qu’on ne le pense. Le neuroscientifique américain John McGann, qui a passé quatorze ans à l’étudier, a publié ses conclusions en 2017 dans la revue Science. « L’odorat des humains est aussi développé que celui des rongeurs ou des chiens », assure-t-il.

C’est en voulant répliquer avec des sujets humains une expérience conçue pour des souris que le chercheur est parvenu à cette conclusion. Contrairement aux rongeurs, les humains parvenaient à différencier deux odeurs distinctes. Pour McGann, la faiblesse de notre odorat est un mythe créé par l’anatomiste français Paul Broca au XIXe siècle. Celui-ci avait relevé la taille relativement réduite du bulbe olfactif chez les humains comparée à celui des chiens et des rats, et l’idée que notre incompétence sensorielle est restée. Pourtant, selon McGann, rien ne prouve que la qualité de l’odorat soit liée à la taille du bulbe olfactif. L’olfaction fait intervenir des paramètres bien plus nombreux, y compris génétiques.

Pour l’éthologue Alexandra Horowitz, auteure de Dans la peau d’un chien, l’odorat est d’ailleurs autant affaire de comportement que de physiologie. Si les chiens nous semblent avoir un meilleur odorat, c’est aussi parce qu’eux prennent la peine de renifler. Or nous aussi sommes capables de suivre une trace en la flairant. Dans une étude conduite en 2007 par une équipe de neurobiologistes de l’université de Californie à Berkeley, des volontaires se sont mis à quatre pattes et se sont laissé guider par leur odorat. S’ils n’étaient pas aussi efficaces que les chiens, ils s’amélioraient à chaque essai.

À lire aussi dans Books : Le chien, cet inconnu, mars-avril 2018.

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