Fantasy


Olivier Postel-Vinay

James Branch Cabell est l’auteur de 52 livres dont aucun n’a été traduit dans notre belle langue. La gloire éphémère qu’il a rencontrée aux États-Unis remonte aux années 1920. On le considère rétrospectivement comme un escapist (de escape, s’échapper, s’évader), un auteur qui offre de distraire le lecteur pour échapper par l’imagination aux vilenies du monde réel. Cabell donnait dans un genre que les critiques littéraires français appellent, faute de mieux, la « fantasy ». D’un tempérament caustique, il ne détestait pas la provocation. L’un de ses romans, publié en 1919, a fait l’objet d’un procès pour obscénité : le héros avait séduit l’épouse du Diable1


Nous devons aussi à Cabell cet aphorisme :« L’optimiste proclame que nous vivons dans le meilleur des mondes possibles ; le pessimiste craint que ce ne soit vrai. » Schopenhauer avait moins d’esprit. Il a inversé la formule de Leibniz – nous vivons dans « le meilleur des mondes possibles » – pour affirmer platement : nous vivons dans « le pire des mondes ...

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