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Écran noir
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Filmer la révolution


Un peuple et son roi / Copyright Jérôme Prébois

A travers Un peuple et son roi, l’ambition de Pierre Schoeller est de redonner du sens à la Révolution. Un projet à l’opposé des dernières grosses productions cinématographiques dédiées à cette époque. Dans Marie-Antoinette de Sofia Copola et Les Adieux à la reine de Benoît Jacquot, les événements politiques relevaient presque du décor.

Depuis La mort de Marat de Georges Hatot, un film muet de 1897, la représentation de la révolution au cinéma change avec les époques, note Sylvie Dallet dans La révolution française et le cinéma. « Le film révolutionnaire subit toujours une double influence : celle de l’époque qui le conçoit et celle de l’œuvre historiographique, d’origine littéraire, autodidacte ou universitaire dont il est issu », écrit-elle. Avant la Première guerre mondiale, le tout reste plutôt neutre et calqué sur des grandes œuvres comme le Quatre-Vingt Treize d’Hugo. Après la crise des années 1930, la majorité des films, sauf La Marseillaise de Renoir, valorise l’ordre, le nationalisme et la monarchie. Ce royalisme diffus s’estompe dans les années 1950 et disparaît dans les années 1970. Le cinéma populaire trouve alors dans la Révolution un prétexte pour renouer avec les films de cape et d’épée, comme Les Mariés de l’An II de Jean-Paul Rappeneau et Chouans ! de Philippe de Broca.

La production étrangère est, elle, majoritairement hostile à la Révolution. Hollywood projette ses peurs dans les films sur ce sujet (désordre, communisme, sexe…). Les Deux Orphelines, grand succès du muet, est ainsi moins un film sur 1789 qu’un brûlot antibolchévique.

A lire dans Books : La Révolution et ses pauvres, juillet-août 2012.

LE LIVRE
LE LIVRE

La révolution française et le cinéma de Sylvie Dallet, Lherminier, 1988

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