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La fin des livres

La pauvreté, les inégalités et les maladies ont disparu dans le futur que décrit l’écrivain nigérian Ben Okri dans The Freedom Artist. Les livres et les questions dérangeantes aussi. Une organisation appelée « la Hiérarchie » règne en maître, assistée par une police particulièrement sadique. Mais la population commence à perdre pied. Tout le monde fait des cauchemars, au point que celui qui n’hurle pas la nuit devient suspect.

« Après cette entrée en matière orwellienne, nous partons pour un voyage philosophique inspiré autant par les religions et les traditions spirituelles que par l’imagination débridée d’Okri », note la journaliste Melissa Katsoulis dans The Times.

Pour son onzième livre, l’auteur de La Route de la faim a préféré la magie au réalisme. « Son style épuré rappelle celui de Fictions, de Borges, précise la critique Stephanie Merritt dans The Guardian. Les personnages passent après le symbolisme ; peu d’entre eux ont un nom et ceux qui ont cette chance figurent des archétypes à la manière des héros des mythes. »

L’un d’eux est Karnak. Au cours de son périple, il rencontre une jeune fille qui lui explique comment l’art de la lecture s’est perdu : « Il y a d’abord eu une révolution culturelle au siècle dernier. Tout le monde voulait une vie facile. Puis il y a eu les manifestations contre l’élitisme dans l’art et la difficulté dans la littérature. Elles ont eu un grand succès. […] Mais ce qui a vraiment tué les livres, c’est la grande campagne contre l’originalité. L’âge de l’égalité. Et puis, nous en sommes arrivés au point où, comme tu le sais, c’est une insulte d’être mieux informé que son voisin ».

 

À lire aussi dans Books : Le crépuscule de la lecture, juillet-août 2009.

LE LIVRE
LE LIVRE

The Freedom Artist de Ben Okri, Head of Zeus, 2019

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