Fukuyama n’en a pas fini avec l’histoire

Vingt ans après avoir proclamé la « fin de l’histoire » par triomphe de la démocratie libérale, Francis Fukuyama persiste et signe. Il remonte aux chimpanzés pour montrer à quel point le système politique occidental est l’inévitable achèvement des sociétés humaines. De quoi amuser les hiérarques iraniens ou chinois.

Rien ne se démode aussi vite que les idées sur ce qu’être moderne signifie. Il n’y a pas si longtemps, la vogue était aux doctrines affirmant que la « révolution technoscientifique » en cours allait répandre à travers le monde un même type de gouvernement. Cette théorie de la convergence, d’abord soutenue par le sociologue Daniel Bell dans les années 1950, affirmait que l’Union soviétique ressemblerait de plus en plus aux sociétés industrielles avancées d’Occident (1). L’idée a trouvé un regain de jeunesse sous Gorbatchev, quand le rapprochement tant attendu parut imminent. En réalité, comme tous le savent désormais (et comme certains déjà le pressentaient), l’URSS ne cheminait pas alors vers une forme quelconque de modernité à l’occidentale. Dépourvu de légitimité interne, incapable de se réformer, l’État soviétique s’est effondré. Après une période de chaos, un nouveau système de gouvernement a bel et bien surgi, mais il s’agissait plus d’une variante hypermoderne du despotisme que d’un régime démocratique. La convergence de la Russie et de l’Occident n’a ...
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Le Début de l’histoire de Fukuyama n’en a pas fini avec l’histoire, Saint-Simon

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