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Hollywood plutôt que Godard

Depuis sa sortie en septembre dernier, (Très) cher cinéma français, le pamphlet du journaliste et critique de cinéma Eric Neuhoff, suscite des débats enflammés. Neuhoff y annonce tout simplement la mort du cinéma français contemporain, qu’il juge complaisant, dépourvu d’inventivité et politiquement correct à outrance. Nul doute que sa thèse enchante son confrère espagnol Pedro Vallín, qui vient lui aussi de publier un essai très polémique sur le septième art.

Les héros Marvel contre la Nouvelle Vague

¡Me cago en Godard! (“Godard m’emmerde!”) vise à « démolir le présupposé absolument faux, mais largement adopté par la critique, selon lequel le cinéma européen, et particulièrement le cinéma d’auteur, est plus progressiste que le cinéma américain, qui serait réactionnaire et néolibéral », explique Pedro Vallín au quotidien La Vanguardia. Les plus cinéphiles d’entre nous diront toujours préférer les films de Bergman aux blockbusters hollywoodiens, souligne-t-il. Et s’il nous arrive de nous compromettre en allant voir les dernières aventures des super-héros de Marvel, nous en concevons un plaisir coupable. La raison ? Nous suspectons – à tort, selon Vallín – que les superproductions américaines servent d’instrument d’endoctrinement au service de l’impérialisme américain et de l’idéologie capitaliste.

Les valeurs d’Hollywood

Pourtant, l’auteur soutient que le cinéma européen, de la Nouvelle Vague jusqu’aux dernières réalisations de l’Autrichien Michael Haneke, reflète bien plus les idéaux bourgeois que le cinéma hollywoodien. Regardez un film d’auteur et vous y verrez des « nantis qui vivent dans des appartements gigantesques et souffrent de bleus à l’âme, comme la perte de leur jeunesse », ironise Vallín dans le quotidien en ligne El Confidencial. Les protagonistes des films à grand spectacle produits outre-Atlantique, en revanche, sont souvent engagés dans des luttes pour l’émancipation ou la justice. « Pour étayer sa réhabilitation du caractère progressiste du cinéma américain mainstream, Pedro Vallín propose une relecture unique en son genre de l’histoire du cinéma récent » prévient Francesc Miró dans El Diario.

À lire aussi dans Books :  Le rêve hollywoodien de Pyongyang, juin 2015.

LE LIVRE
LE LIVRE

¡Me cago en Godard! de Pedro Vallín, Arpa Editores, 2019

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