Kim Philby, l’ami infidèle

Considéré comme le pivot des « Cinq de Cambridge », ces jeunes Britanniques de bonne famille recrutés par l’URSS dans les années 1930, Kim Philby est sans doute celui qui a causé le plus de dégâts aux services occidentaux. Grâce à son don pour la duplicité et à ses solides amitiés, il ne se fera démasquer qu’en 1962.


© Harold Clements / Getty

Comme beaucoup d’héritiers de l’establishment britannique, Kim Philby (ici en 1955) avait une confiance innée dans sa capacité et sa légitimité à changer et gouverner le monde.

Peut-on encore trouver quelque chose à dire sur Kim Philby, sans doute l’espion le plus brillant de sa génération, sinon de tous les temps ? Des dizaines de livres lui ont été consacrés, ainsi qu’à ses comparses, ces espions britanniques au service de l’Union soviétique qui, avant et après la Seconde Guerre mondiale, ont cherché à exporter le communisme en Europe et aux États-Unis. à présent que les idéaux de tous ces jeunes hommes et femmes étudiant à Cambridge et à Oxford dans les années 1930 ont pris un sérieux coup de vieux, quel est l’intérêt de revenir sur la saga Philby ? Ben Macintyre réussit pourtant à lui insuffler une nouvelle vie, en mettant l’accent non plus sur l’espionnage ou l’idéologie mais sur la psychologie, l’amitié et la conscience de classe. « J’ai voulu décrire un type particulier d’amitié qui a joué un rôle important dans l’histoire, écrit-il, un mode de relation très britannique sur lequel personne ne s’était jamais penché. » De l’avis de Macintyre, le don qu’avait Philby pour l’amitié contribue à expliquer qu’il ait pendant si longtemps...
LE LIVRE
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A Spy Among Friends: Kim Philby and the Great Betrayal de Ben Macintyre, Crown, 2014

ARTICLE ISSU DU N°84

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