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La gamine et le vieux

Au regard de la réception de son dernier roman, l’auteure madrilène Sara Mesa s’impose comme une des nouvelles voix de la littérature espagnole. Avec Cara de pan (« Face de lune »), elle confirme son attirance, entrevue dans Cicatrice (Rivages, 2017), pour l’ambiguïté morale et les histoires dérangeantes. Les deux livres « sont construits comme des embolies émotionnelles. Sans pitié, l’auteure fait monter la pression jusqu’à l’asphyxie finale », analyse le roman­cier Carlos Zanón dans le quotidien El País.

Cara de pan revêt les apparences d’un conte cruel porté par deux personnages. D’un côté, Casi, une adolescente de 13 ans, complexée et ostracisée par ses pairs ; de l’autre, un quinquagénaire sans emploi, que l’on devine affligé d’un trouble psychique. Ces deux marginaux se rencontrent dans un parc un jour où Casi a séché les cours. Au fil de leurs entrevues, une curieuse intimité se tisse entre eux. Et l’intrigue se mue en une fable impitoyable sur la marginalité et le poids des conventions.

LE LIVRE
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Cara de pan de Sara Mesa, Anagrama, 2018

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La gamine et le vieux

Au regard de la réception critique de son dernier roman, l’auteure madrilène Sara Mesa s’impose désormais comme une des nouvelles voix de la littérature espagnole. Avec Cara de pan, elle confirme son attrait pour l’ambiguïté morale et les histoires dérangeantes. Les lecteurs de Cicatrice (Rivages, 2017) ne manqueront pas de reconnaître une certaine filiation entre ce roman anxiogène et Cara de pan. Tous deux « sont construits comme des embolies émotionnelles. Sans pitié, l’auteure fait monter la pression jusqu’à l’asphyxie finale », analyse le romancier Carlos Zanón dans le quotidien El País.

Le dernier livre de Sara Mesa revêt les apparences d’un conte cruel, porté presque exclusivement par deux personnages. D’un côté, il y a Casi, une adolescente de 13 ans, complexée et ostracisée par ses pairs ; de l’autre, un homme d’une cinquantaine d’années, sans emploi, que l’on devine affligé d’un trouble psychique. Ces deux marginaux se rencontrent un jour dans un parc, où Casi s’était réfugiée alors qu’elle faisait l’école buissonnière. Au fur et à mesure de leurs entrevues, une curieuse intimité se tisse entre eux et, si rien n’est explicite, Sara Mesa suggère toute l’étrangeté de leur relation. Assurément, il y a là quelque chose que la morale réprouve obscurément. Au gré de troublants dévoilements, l’intrigue se mue en une fable impitoyable sur la marginalité et le poids des conventions sociales. « Si l’on devait qualifier Cara de pan par un seul adjectif, le plus adapté serait “inquiétant”, parce que, indéniablement, une sensation d’inquiétude demeure après la lecture de ce bref roman », commente Ascensión Rivas dans le magazine El Cultural.

 

À lire aussi dans Books : Un autre regard sur l’enfant abusé, juillet/août 2010.

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Cara de pan de Sara Mesa, Anagrama, 2018

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