La guerre perdue contre la malaria

La guerre perdue contre la malaria

Depuis des millénaires, le paludisme est l’un des pires ennemis de l’homme, son paradoxal allié.

Publié dans le magazine Books, octobre 2010.
Une maladie que l’on pense responsable de la moitié des décès humains depuis l’âge de pierre méritait bien un livre. La journaliste Sonia Shah s’y est attelée. Dans The Fever, elle étudie le lien millénaire entre les hommes et le paludisme, « d’un point de vue scientifique, mais également, et c’est ce qui fait la force du livre, dans une perspective sociologique et anthropologique », souligne le docteur Dennis Rosen dans le Boston Globe. Parmi tous les lieux – Panamá, Inde, États-Unis… – revisités par Shah, Rome est sans doute le plus fascinant. L’exposition chronique de ses habitants au plasmodium (le parasite responsable de la maladie) a longtemps constitué un rempart pour la cité antique : ayant développé « une certaine immunité », ces derniers étaient moins vulnérables au mal que les envahisseurs venus du nord. Mais l’intensification de la déforestation et la multiplication des marécages fournirent bientôt un habitat idéal aux moustiques vecteurs du parasite, et la flambée de paludisme qui s’ensuivit contribua sans doute au déclin de l’Empire romain. Bien des siècles plus tard, en 1944, l’armée allemande déclencha volontairement une épidémie en inondant la campagne romaine, afin de ralentir l’avancée des troupes alliées : plus de 100 000 personnes furent touchées, explique Rosen. L’auteur explore de manière tout aussi fascinante les stratégies de lutte contre le fléau. Un médecin romain du iiie siècle préconisait de se munir d’une amulette portant l’inscription « Abracadabra »… Les temps ont changé mais, pour Sonia Shah, « la tentation du remède…
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