La vieille qui jurait dans ma tête

Elle a quitté l’Iran pour échapper à une vie étouffante, mais a aussi emporté dans ses bagages une bonne dose de culpabilité et le plomb d’un régime qui oppresse les femmes. Shaghayegh Moazzami l’exprime dans un récit autobiographique sans complaisance.

Voici une dessinatrice qui ne fait pas dans la ligne claire. Dans ce récit (autobio)graphique qui alterne entre sa vie d’aujourd’hui à Montréal et son enfance en Iran, Shaghayegh Moazzami use d’un trait épais et sature le fond de noir, expression de la colère qui l’habite. Bizarrement, les cases s’assombrissent pour la période canadienne alors que les souvenirs iraniens – qui représentent pourtant un monde qu’elle a fui – sont plus clairs, plus paisibles.
L’auteure a passé les trente premières années de sa vie en Iran, un pays connu pour la chape qu’il fait peser sur les femmes depuis l’instauration de la ­République islamique. De son quotidien à Téhéran, Shaghayegh Moazzami livre, à la manière de flash-back, quelques souvenirs : l’envie folle, petite fille, d’avoir un album de Tintin, évidemment prohibé par les mollahs ; la joie de faire du vélo avec ses jeunes frères, du moins jusqu’au moment où, adolescente, elle se voit ­interdire cette pratique ; l’obligation, jeune adulte céli­bataire, de rentrer ­dormir chaque soir chez ses parents.
Pour échapper à ...

LE LIVRE
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Hantée de Shaghayegh Moazzami, Éditions çà et là, 2021

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