L’art presque perdu de se concentrer

Notre capacité de concentration est mise à mal par les distractions numériques, s’alarme l’essayiste Johann Hari. Il appelle à se rebeller collectivement contre ces nouvelles formes de manipulation.


Les plaisirs de la concentration sont bien plus gratifiants que les récompenses des likes, plaide Johann Hari. Ici lors de l’India Art Fair de New Delhi, en 2020. © Martin Parr/Magnum Photos

Au Moyen Âge, les moines chrétiens s’inquiétaient déjà de l’égarement de leurs pensées. Ils en étaient à élaborer des stratagèmes pour rester concentrés sur la communication divine : prières, chants, travaux manuels… « La crise de l’attention a-t-elle toujours existé ? » s’interroge le magazine américain The Baffler. Dans son nouveau livre, Stolen Focus, paru simultanément en Grande-Bretagne, aux États-Unis et dans d’autres pays anglophones, le journaliste britannique Johann Hari évoque le cas des moines médiévaux. Mais « la thèse de l’ouvrage est que les distractions de notre époque sont bien pires qu’auparavant », note le magazine.
Dans son enquête, l’essayiste tire la sonnette d’alarme sur ce qu’il appelle « la crise de l’attention ». « Un employé américain lambda reste concentré sur une tâche seulement trois minutes. Chaque jour, nous consultons plus de 2 000 fois notre téléphone et passons en moyenne plus de trois heures à le fixer des yeux », avance sans rire The New York Times. Hari met en cause ...

LE LIVRE
LE LIVRE

Stolen Focus: Why You Can’t Pay Attention – and How to Think Deeply Again de Johann Hari, Crown, 2022

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