« Éolien: une belle illusion », un numéro spécial de Books à ne pas manquer ! Découvrez son sommaire.

L’avenir radieux du livre

Si depuis plusieurs années certains parlent de « crise de la lecture », il n’en reste pas moins que nous vivons entourés de livres. Produits d’une véritable industrie, ils empruntent des canaux de distribution bien établis ; nous pouvons facilement les emprunter à la bibliothèque, les acheter en librairie ou les consulter sur Internet. Mais il n’en a pas toujours été ainsi, rappelle la philologue espagnole Irene Vallejo. Dans El infinito en un junco, cette spécialiste de l’époque classique retrace les transformations successives qu’a connues l’objet même du livre, de la Grèce antique jusqu’à nos jours.

L’histoire du livre comme une fable

« Le charme si particulier de cet ouvrage découle de son style. Vallejo a judicieusement choisi de se libérer du style universitaire et de se muer en conteuse. L’histoire n’est pas présentée comme un chapelet de références à des documents historiques, mais comme une fable », commente l’écrivain canadien d’origine argentine Alberto Manguel dans le quotidien El País. Et qui dit fable, dit personnages mythiques, au rang desquels figure Démétrios de Phalère, présenté par Vallejo comme étant le tout premier bibliothécaire. Né vers – 360, cet homme d’État athénien fut à l’initiative de la création de la célèbre bibliothèque d’Alexandrie. Celle-ci aurait abrité près de 700 000 volumes avant d’être définitivement détruite en 642, après avoir été plusieurs fois incendiée et démolie.

Les beaux jours de la lecture

Au fil des siècles, de nombreux matériaux ont servi de support à l’écrit – pierre, argile, papyrus, soie, cuir, bois –, chacun possédant des propriétés différentes en matière de conservation. Seulement 1% des livres en circulation à l’époque de l’Antiquité sont parvenus jusqu’à nous, souligne Vallejo. « Tourner ainsi notre regard vers le passé permet de se déprendre du pessimisme assommant qui plane sur l’avenir du livre ; comparée aux époques précédentes dominées par la fragilité des matériaux, l’inconséquence des puissants et la vulnérabilité des systèmes de stockage, la nôtre semble offrir aux livres une sécurité prodigieuse » estime le romancier barcelonais Gonzalo Torné dans le magazine El Cultural.

À lire aussi dans Books : Le crépuscule de la lecture, juillet/août 2009.

LE LIVRE
LE LIVRE

El infinito en un junco: La invención de los libros en el mundo antiguo de Irene Vallejo, Siruela, 2019

SUR LE MÊME THÈME

L'algorithme d’une épidémie
Lu d'ailleurs Comment sont nés les gangs salvadoriens
En quête d’un piano en Sibérie

Dans le magazine
BOOKS n°105

DOSSIER

Testostérone : la masculinité toxique

En librairie

Chanter l’Iran éternel

Francophilies

Fin de partie pour les « mondialistes » ?

Extraits - BD

L’amour ? Une affaire de nez

Voir le sommaire

Booksletter,
c'est gratuit !

Retrouvez gratuitement la Booksletter
chaque samedi matin dans votre boîte email.