Le chirurgien et le boucher

Le chirurgien et le boucher

Publié dans le magazine Books, mars/avril 2018.
Dans The Butchering Art, l’historienne de la médecine Lindsey Fitzharris retrace l’évolution des pratiques chirurgicales dans la Grande-Bretagne de la fin du XIXe siècle. Et « ne lésine pas sur les détails sordides », relève l’écrivaine Lucy Lethbridge dans le Financial Times. L’auteure décrit une époque où les opérations étaient pratiquées sans anesthésie par des chirurgiens à la blouse raidie de sang séché, plutôt habi­tués à manier la scie que des instruments de précision. The Butchering Art n’est pas uniquement un ouvrage historique. C’est aussi l’histoire d’un homme, Joseph Lister, jeune chirurgien quaker qui consacra sa carrière à chercher un moyen d’en finir avec les infections postopératoires, courantes dans les hôpitaux de l’époque. Joseph Lister était un homme « affable, courtois et gêné par son bégaiement – l’anti­thèse des chirurgiens à l’ego démesuré devenus des célébrités au début de l’ère victorienne », observe The Guardian. Après avoir lu les travaux de Louis Pasteur sur la théorie microbienne, il établit un lien entre l’existence des microbes et les infections postopératoires. Découvrant que le phénol avait la propriété de tuer les germes, il procède en 1865 à la première intervention chirurgicale avec antiseptiques. Dès lors, il plaide pour la mise en place de mesures d’hygiène et de stérilisation dans les salles d’opération, suscitant l’hostilité de ses confrères. Ces derniers ont du mal à accepter que, pendant des années, « ils ont peut-être tué des patients par inadvertance en laissant les plaies s’infecter à cause de minuscules organismes invisibles », explique l’auteure. À…

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Le chirurgien et le boucher

Écrit par la rédaction de Books publié le 17 janvier 2018

Dans The Butchering Art (« L’art boucher »), un ouvrage à la fois historique et biographique, l’historienne des sciences Lindsey Fitzharris retrace l’évolution des pratiques chirurgicales dans l’Angleterre victorienne. « Les compétences principales dont avait besoin un chirurgien avant l’existence de l’anesthésie étaient la force brutale et la rapidité », commente Bee Wilson dans The Sunday Times. En 1847, la découverte des anesthésiants encouragea les médecins à entreprendre des opérations de plus en plus risquées, avec pour résultat un inquiétant taux de décès post-opératoires.

Joseph Lister, le personnage central de The Butchering Art, est le premier chirurgien à découvrir l’utilité des antiseptiques. Il consacre sa carrière à plaider pour la mise en place de mesures d’hygiène et de stérilisation dans les salles opératoires. Passionné par les travaux de Pasteur, il établit une connexion entre l’existence de microbes et les infections développées par les patients au cours des opérations. Imposer ses convictions à ses confrères ne fut pas une mince affaire, ces derniers eurent du mal à accepter que, pendant des années, « ils avaient peut-être tué des patients par inadvertance en laissant des plaies être infectées par de minuscules créatures invisibles », explique l’auteur.

 

A lire aussi dans Books : Sous-traités, septembre 2014.

 

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