Le grand amiral eunuque

Le grand amiral eunuque

La marine Ming, qui a dominé la mer jusqu’en Afrique, était dirigée par un eunuque musulman.

Publié dans le magazine Books, juillet-août 2016.
Le 11 juillet 1405, 317 navires de l’impressionnante flotte chinoise, dont l’empereur Ming Yongle a ordonné la construction pour affirmer sa puissance sur les mers, remontent le Yangzi jusqu’à la mer. À sa tête, l’« amiral des mers de l’Ouest », grand eunuque impérial et musulman. Ce fils d’un petit notable de l’Empire mongol tué par les cavaliers Ming, avait été capturé – et castré – à 13 ans, avant d’entrer au service du futur Yongle. C’est donc un homme né dans les montagnes du Yunnan qui préside aux destinées de cette cité flottante de 27 000 hommes. Commence alors le premier des sept voyages de légende à la gloire de l’empereur (car il ne s’agit pas de conquêtes) qui feront de la Chine la plus grande puissance navale de son temps. Jusqu’à sa mort, en 1433, l’amiral Zheng He arpente la moitié du globe pour établir un réseau de comptoirs diplomatiques et commerciaux qui s’étend du Vietnam actuel à l’Afrique de l’Est, en passant par les Indes et le golfe Persique. Aujourd’hui encore, en Asie du Sud-Est, il fait l’objet d’un culte dans des temples qui lui sont dédiés. Son odyssée nous est parvenue principalement grâce à la lecture de Ying-yai Sheng-Ian, le journal tenu par l’interprète de l’amiral, Ma Huan, qui fait le récit des expéditions au quotidien et constitue un véritable traité sur les sociétés et l’environnement d’une grande partie du monde au XVe siècle. Où l’on s’étonne que les hommes du Siam offrent leurs femmes à l’étranger de passage, où…

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