Le paradoxe des parents
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Le paradoxe des parents

Écrit par La rédaction de Books publié le 29 juin 2018

Tully, copyright Mars Films

Tully de Jason Reitman, sur les écrans cette semaine, met en scène une mère qui perd pied et la nounou venue à son secours. Cette situation de départ révèle un paradoxe que la journaliste américaine Jennifer Senior décrit dans son livre All Joy and No Fun : l’insatisfaction quotidienne des parents face à leur rôle d’éducateur n’est en rien liée au bonheur que leur apportent leurs enfants.

La vie quotidienne des géniteurs, remplie de corvées et de tracas, semble plus misérable que celles de leurs camarades nullipares. C’est ce que décrivent de multiples études.  Mais «“être parent” est une réalité difficile à appréhender par les sciences sociales » , souligne Senior. « Le sentiment d’être parent et celui de prendre en charge les tâches quotidiennes, souvent laborieuses, de l’éducation sont deux choses très différentes. »  Le premier a été idéalisé depuis que les enfants sont un choix et que leur éducation a pour but leur propre bien, et non les besoins de la famille ou du monde extérieur. Mais le « plus grand bonheur de l’existence » en a bien tous les traits si l’on observe non le quotidien des parents, mais leur récit de vie, la manière dont ils appréhendent leurs souvenirs dans leur globalité. Et même plus, selon Senior, cette joie résulte aussi de la somme de toutes les corvées que doivent affronter les pères et les mères. « Les enfants rendent peut-être nos vies plus compliquées, explique-t-elle, mais ils les simplifient aussi grandement. Les besoins d’un enfant sont tels, leur dépendance à notre endroit si absolue, qu’il est impossible de ne pas comprendre l’obligation morale que nous avons vis-à-vis d’eux. […] Nous nous enchaînons aux êtres qui ont le plus besoin de nous et, en prenant soin d’eux, nous apprenons à les aimer, à nous réjouir de les avoir, et à nous émerveiller de ce qu’ils sont. »

A lire aussi dans Books : Avoir des enfants est-il immoral ?, octobre 2012.

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