Les mots auront-ils le dernier mot ?

Bonne nouvelle : grâce à Internet, on n’a jamais tant lu ni tant écrit. Notamment chez les jeunes, supposés réfractaires aux cultures antérieures. Mauvaise nouvelle : cette production n’a pas grand-chose de littéraire, dans la forme du moins (on ne se prononcera pas sur le fond). Une forme en effet frappée d’informalité, qui « ne subit ni correction ni relecture par un autre ­humain avant publication », explique la linguiste Gretchen McCulloch dans le livre qu’elle a consacré aux usages numériques de la langue 1. Elle note aussi que, d’une manière générale, l’absence de formalisme dans l’expression fait qu’on en rajoute dans le langage corporel, la gestuelle ou – comme on l’a vu lors de l’arrivée du téléphone – les intonations, les intensifications ou les onomatopées. On assiste, selon elle, à la « réintroduction du corporel dans l’expression écrite » sous la forme d’émoticônes et d’imitation de la parole ou des sons dans l’écrit. Les majuscules tiennent lieu de haussement de voix, les points de suspension, de soupirs. Le but est d’exprimer le maximum de choses ...

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