Si l’hérédité m’était contée
par Pauline Toulet
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Si l’hérédité m’était contée

Écrit par Pauline Toulet publié le le 11 mars 2019

Les mécanismes de l’hérédité sont bien plus subtils et complexes qu’il n’y paraît, soutient le journaliste scientifique américain Carl Zimmer. « Dans son nouveau livre, She Has Her Mother’s Laugh, Zimmer s’appuie sur l’histoire pour proposer une introduction rigoureuse aux principes de base de la génétique, de la biologie du développement et de la biologie moléculaire », note Jennifer Raff dans The New York Times. Et, pour écrire cet épais volume de près de 700 pages, l’auteur a donné de sa personne : il s’est offert le séquençage complet de son ADN. Il a ensuite fait analyser son génome par des experts, cette exploration servant de fil conducteur au livre.

La taille, trait héréditaire complexe

Depuis la découverte des lois de Mendel, puis de la structure de l’ADN dans les années 1950, notre connaissance des modalités de l’hérédité s’est affinée. Nous savons désormais que la taille, par exemple, est un trait héréditaire complexe influencé par pas moins de 8 000 gènes. Et ceux-ci ne sont pas les seuls responsables, ils se combinent à des facteurs environnementaux.

Zimmer aborde également l’émergence de techniques de pointe permettant de modifier le génome. Les chercheurs peuvent à présent opérer des coupes précises dans les doubles brins de l’ADN à l’aide d’une enzyme, la protéine Cas9. Ces nouveaux “ciseaux génétiques” ne sont pas sans soulever des questions éthiques, que Zimmer passe en revue.

Hérédité et environnement

Zimmer attire également l’attention sur des phénomènes étranges malmenant nos présupposés en matière d’hérédité. Si la mère lègue certains traits à son enfant, elle reçoit aussi des cellules de ce dernier, explique-t-il. Le sang de 13 % des filles contiendrait des cellules portant le chromosome Y, et cela, parce que leur mère a été enceinte d’un garçon auparavant. Des cellules du grand frère ont élu domicile dans le corps maternel, puis sont passées à la petite sœur, via le placenta. Ainsi, un même individu peut contenir des populations de cellules génétiquement différentes.

Par ailleurs, la transmission n’est pas qu’une affaire de gènes, nous rappelle Zimmer. L’environnement peut créer une forme particulière d’hérédité, comme le montre une expérience menée sur des rats. Des chercheurs ont dressé des rongeurs à craindre une certaine odeur, associée à un choc électrique. Étonnamment, les ratons, bien que n’ayant jamais été soumis à ce conditionnement, ont hérité de la peur de leurs géniteurs.

 

À lire aussi dans Books : Les zones d’ombre de la génétique, septembre-octobre 2016.

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