L’Irlandais qui a retrouvé les fantômes japonais
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L’Irlandais qui a retrouvé les fantômes japonais

Écrit par La rédaction de Books publié le 14 septembre 2018

Dans Okko et les fantômes, film d’animation japonais au cinéma cette semaine, une jeune fille en deuil reprend goût à la vie grâce à des spectres. Dans la culture japonaise, les esprits tiennent une place particulière, comme a pu le noter dans ses récits ethnographiques le journaliste et écrivain irlandais Patrick Lafcadio Hearn. Il arrive dans l’archipel en 1890 à 40 ans après une enfance et un début de carrière mouvementés, comme le rappelle Paul Murray dans sa biographie. Brouillé avec le journal qui l’avait envoyé sur place, il décide de rester. Il trouve un travail d’enseignant et entreprend l’écriture de plusieurs ouvrages décrivant sa société d’adoption, au point de devenir pour les Japonais ce qu’Alexis de Tocqueville représente pour les Américains, un fin portraitiste.

« A une époque où le Japon était obsédé par le progrès matériel, il a fallu un étranger pour l’avertir qu’il perdait quelque chose. Lafcadio Hearn permet au Japon de rester en contact avec son âme », expliquait son arrière-petit-fils Bon Koizumi au New York Times en 2007. Alors que le pays est lancé dans une modernisation à marche forcée, Hearn s’intéresse à ses traditions et les consigne. Installé pendant quelques mois dans la ville de Matsue dominée par un château particulièrement sinistre, il se plonge dans ses légendes peuplées de fantômes et de spectres. Il publiera en anglais plusieurs recueils de ces histoires tirées de vieux textes japonais traduits avec l’aide de sa femme, elle-même originaire de la cité. Lui, n’aura jamais un japonais correct. Ses livres ont connu un certain succès à leur sortie. L’Occident était alors en plein japonisme. Aujourd’hui, Hearn est peu connu de ce côté du globe. Au Japon, la région de Matsue est devenue une destination touristique, notamment à cause du séjour du journaliste irlandais.

A lire aussi dans Books : En Chine, on badine avec les fantômes, décembre-janvier 2011.

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