L’ultra-gauche allemande sur le divan
par L’ultra-gauche allemande sur le divan
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L’ultra-gauche allemande sur le divan

Écrit par publié le le 4 mai 2018

Otages à Entebbe/ © Focus Features

Otages à Entebbe, au cinéma cette semaine, est une nouvelle transposition sur grand écran de la prise d’otage de 1976 en Ouganda. Cette action de force menée par un commando germano-palestinien a agi comme un révélateur pour les mouvements allemands d’extrême gauche, explique le journaliste Hans Kundnani dans Utopia or Auschwitz. Si les preneurs d’otage germaniques semblent avoir été choqués par le tri effectué par leurs camarades de lutte palestiniens entre victimes juives et non juives, l’ultra-gauche allemande n’était pas exempte d’accusations d’antisémitisme.

Cette attitude vis-à-vis d’Israël et des Juifs était paradoxalement une réaction à l’Holocauste, assure Kundnani. En voulant se détacher de la génération de leurs pères et des crimes nazis qui l’ont marquée, les militants ont reproduit ses caractéristiques les plus viles. Pétris de culpabilité et d’incompréhensions face à l’Holocauste, ils ont préféré se reposer sur une analogie faite par Max Horkheimer avant la guerre. Le capitalisme était, pour le philosophe, un autre fascisme. Les militants allemands, fort de cette analyse, ont embrassé les combats tiers-mondistes. Et en réaction à la guerre des Six-Jours ont fait du sort de la Palestine leur principale cause, leur « obsession ». Ils multiplièrent les actions violentes contre des cibles israéliennes et juives. Se concentrer sur Israël leur permettait d’essayer d’évacuer la singularité des crimes nazis en projetant les politiques du régime honni sur ses anciennes victimes. Mais la prise d’otage de 1976, vue comme un odieux rappel du processus nazi d’extermination des juifs, réveilla les consciences chez les activistes eux-mêmes.

 

A lire dans Books : Les liaisons dangereuses de l’extrême gauche allemande, juillet-août 2010.

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