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Madame Churchill sort de l’ombre

Clementine n’était pas seulement une épouse dévouée : elle œuvrait en coulisses pour la cause de son mari.


Winston et Clementine Churchill, 1945

 

« Derrière toute grande carrière masculine, il y a une épouse épuisée », affirme un dicton anglais qui semble avoir été conçu pour les Churchill : lui avec la carrière que l’on sait, elle avec un mérite et un degré d’épuisement insoupçonnés (elle traversa plusieurs épisodes de profonde dépression). De Clementine Hozier, épouse Churchill, tout ou presque est méconnu. Et ce n’est pas son mari qui aura contribué à la mettre en avant : le grand homme ne lui consacra, selon Amanda Vaill dans le New York Times, « qu’une seule mention dans tous ses Mémoires de la Seconde Guerre ».

« Cette femme dont on ne savait rien savait tout », écrit pourtant Deborah Cohen dans le Wall Street Journal. Elle était « la confidente et la conseillère indispensable », précise Vaill. Celle qui « corrigeait les discours de Churchill, rattrapait ses faux pas, gérait ses électeurs ». La capacité de Mme Churchill à tempérer son époux fut pour beaucoup dans l’accession de celui-ci aux plus hautes fonctions, selon la journaliste Sonia Purnell, qui lui consacre une biographie (1). C’est elle qui, après le désastre des Dardanelles, lui conseille d’aller redorer son blason dans les tranchées pour préparer son avenir politique.

Au fondement de cette association très efficace, une relation conjugale « d’une loyauté absolue », lit-on dans le Times. « Les deux époux étaient dévoués l’un envers l’autre – ou plutôt envers Winston », ironise Vaill. Lequel « était d’une dévotion totale envers la dévotion de Clementine », complète Cohen. Les Churchill avaient aussi bien des points communs. À commencer par une enfance chahutée et des mères scandaleuses (celle de Clémentine se vantait d’avoir eu jusqu’à dix amants en même temps, celle de Winston en aurait collectionné plus de deux cents). L’un et l’autre sont arrivés vierges au mariage – elle à 23 ans, lui à 33 – avant de découvrir ensemble « que le sexe était une occupation sérieuse et très plaisante », comme Winston l’expliqua… à sa belle-mère. Mais la pérennité de cette union de soixante ans s’expliquerait aussi par le fait que mari et femme étaient souvent éloignés pendant de longues périodes, précise The Independent. « Le secret du bonheur conjugal, c’est champagne, cigares et lits séparés », avait d’ailleurs confié M. Churchill.

Notes

1. Lire aussi : Clementine Churchill. La Femme du Lion, de Béatrix de L’Aulnoit et Philippe Alexandre, Tallandier, 2015.

LE LIVRE
LE LIVRE

 Première dame : la vie et les guerres de Clementine Churchill de Sonia Purnell, Aurum Press, 2015

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