Marie Stuart, selon Stefan Zweig
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Marie Stuart, selon Stefan Zweig

Écrit par La rédaction de Books publié le 1 mars 2019

Mary Stuart, par Nicholas Hilliard

La réalisatrice Josie Rourke n’a pas résisté à la tentation d’insuffler des accents shakespeariens à son film Marie Stuart, Reine d’Écosse. Stefan Zweig, dans la biographie qu’il a consacrée à la souveraine (Marie Stuart, parue en 1935) avait lui aussi cédé aux charmes de la comparaison avec Hamlet ou Macbeth.

Son ambition était pourtant de réaliser le portrait impartial d’une personnalité controversée. « Zweig imagine qu’un esprit neutre comme le sien, ni anglais, ni écossais, ni catholique, ni protestant, distant par le temps et la culture des préjugés qui ont troublé l’objectivité de ses prédécesseurs, peut aborder cette personnalité mû seulement par la ferveur de l’artiste et l’impartialité du psychologue », écrit Frédérica Zephir, spécialiste de littérature comparée, dans Les Cahiers de Narratologie.

Lorsque la biographie de Zweig est traduite en anglais en 1937, les critiques de la Kirkus Review et de The New York Times sont cependant d’accord pour dire que l’écrivain utilise les faits historiques pour mettre en scène sa vision très personnelle de la reine. Frédérica Zephir qualifie, elle, l’ouvrage de fiction historique.

Elle ne nie pas que Zweig « expose avec une rigoureuse exactitude documentaire » les étapes avérées de la vie de la souveraine. « Cependant c’est là à peu près tout ce que cette Marie Stuart historique a de commun avec le personnage dont Zweig nous dévoile les méandres de l’âme et les conflits intérieurs. » Sa Marie Stuart est l’héroïne d’une tragédie tour à tour grecque et shakespearienne qui reflète les grands thèmes de l’œuvre de l’écrivain. Lui, l’humaniste convaincu d’assister au déclin d’une époque voit dans la reine écossaise la représentante d’un monde qui meurt, la dernière lueur de la Renaissance. Zweig peut façonner à sa guise le portrait de la reine sans pour autant détourner les faits grâce paradoxalement à l’abondance des sources. Celles-ci se contredisant, il lui suffit de choisir celles qui s’harmonisent avec sa conception du personnage.

 

À lire aussi dans Books : Zweig, ce Pepsi de la littérature, avril 2013.

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