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Maud West : Sherlock Holmes au féminin

« Après avoir consulté Maud West, vous ressortirez avec le cœur léger et la certitude que votre affaire est entre de bonnes mains, qu’elle sera prise en charge avec cette habilité et ce discernement que l’on trouve rarement chez une femme et jamais chez un homme ». C’est ainsi que dans les années 1900, Maud West, une jeune femme née au sud de Londres, vantait ses qualités de détective privée. La Britannique Susannah Stapleton, férue d’histoire contemporaine, vient de consacrer une biographie à cet étonnant personnage : The Adventures of Maud West, Lady Detective.

Détective intrépide

Se targuant d’être la seule détective féminine de Londres, Maud West a ouvert son cabinet en 1905 et exercé pendant plus de trente ans. Au cours de sa carrière, elle a eu l’occasion de prendre en filature des femmes que l’on suspectait d’adultère, d’intercepter des lettres compromettantes, de soutirer les confidences de jeunes hommes fortunés, de se faire tirer dessus à Paris et de démanteler une filière brésilienne de trafic de cocaïne. Passée experte dans l’art du déguisement, elle s’est grimée en femme de ménage, en infirmière, en diseuse de bonne aventure, en homme très souvent et même en Charlie Chaplin, rapporte l’auteure.« C’est l’invisibilité de West en tant que femme, combinée à sa capacité à se glisser dans la peau de toute une série de “genres”, qui a fait d’elle une détective si efficace […]. Elle pouvait aller partout parce qu’elle n’était personne », pointe Kathryn Hughes dans The Guardian.

Femme mystère

Comme le souligne l’écrivaine britannique, Maud West n’avait pas son pareil pour ériger son propre mythe, quitte à sublimer parfois la réalité. L’auteure a donc dû démêler le vrai du faux dans les interviews que West donnait régulièrement à la presse à sensation. « Heureusement, Stapleton, historienne de formation, se révèle être elle-même une détective infatigable. Elle a consulté tous les types de documents officiels que vous pouvez imaginer – et beaucoup d’autres dont vous n’avez pas idée – ainsi que tous les journaux jamais publiés », commente James Walton dans The Spectator.

Malgré le zèle de Stapleton, certaines déclarations de l’intrépide détective restent entourées de mystère, à l’instar de celle-ci : « Je portais toujours sur moi un bracelet avec deux perles détachables contenant un narcotique soluble. Je pouvais ainsi rapidement me débarrasser d’un soupirant qui deviendrait un peu trop embarrassant, en mettant de la drogue dans son verre. Une seule fois, j’ai eu à me défaire d’une perle de mon bracelet ».

À lire aussi dans Books : « Simon Wiesenthal, le détective aux six millions de clients », novembre 2010.

LE LIVRE
LE LIVRE

The Adventures of Maud West, Lady Detective: Secrets and Lies in the Golden Age of Crime de Susannah Stapleton, Picador, 2019

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