Mémoire du patient libanais

Créé en 1896 à Beyrouth par une mission de quakers suisses, Asfuriyyeh est devenu au fil du temps un hôpital psychiatrique pionnier, adapté aux tropismes proche-orientaux – avant de disparaître, victime de la guerre civile. À l’époque de sa création, on pouvait lire dans la très respectée revue médicale The Lancet : « La principale forme de folie reconnue en Orient est la possession démoniaque. » Tournant le dos à ce genre de préjugé et aussi aux pratiques carcérales des asiles, Asfuriyyeh s’est mué en lieu d’humanité, de tolérance et de ­modernité, ouvert tant aux diverses religions qu’aux dernières avancées de la psychiatrie.
Vers la fin du mandat français et aux premiers temps de l’indépendance, acquise en 1943, son rayonnement s’étendait à toute la région méditerranéenne, constate Joelle Abi-Rached, historienne de la médecine, dans le livre qu’elle consacre à cette institution. Mais c’était aussi un miroir des tensions qui affectaient le Proche-Orient. L’auteure s’étend sur la période de la guerre civile qui éclate en 1975. Des médecins de l’hôpital s’y laissè...

LE LIVRE
LE LIVRE

Asfuriyyeh. Une histoire de la folie, de la modernité et de la guerre au Moyen-Orient  de Joelle Abi-Rached, MIT Press, 2020

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