Michel-Ange le Terrible

Il se plaignait beaucoup, avait un caractère difficile, mais rien d’un artiste maudit. Michel-Ange fut très jeune reconnu comme un génie à qui on devait tout pardonner. Un nouvel ouvrage tente de percer le secret de sa sensibilité unique.

En 1520, le pape Léon X (un Médicis) qualifia Michel-Ange d’« unique » et aussi de « terrible ». Il faisait allusion à son caractère difficile. Quelque temps plus tôt, à sa demande, l’artiste avait accepté d’orner de sculptures la façade de la basilique San Lorenzo de Florence – puis avait renoncé et laissé le projet inachevé, comme il devait le faire si souvent dans sa carrière. Le terme de « terrible » est resté, mais aujourd’hui il s’applique bien plus aux œuvres qu’à l’homme. Son contemporain et ami Sebastiano del Piombo avait du reste pressenti qu’il en irait ainsi : « Vous faites peur même aux papes, lui écrivait-il. Je ne vous considère cependant comme unique et terrible que dans votre art, parce que vous être le plus grand maître qui ait jamais vécu. »
Cette appréciation n’est pas loin d’être celle de Horst Bredekamp, éminent historien de l’art allemand [que nous avions interviewé dans Books n° 41, mars 2013], qui vient de consacrer plus de 800 pages au maestro. Pour ...

LE LIVRE
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Michelangelo de Horst Bredekamp, Wagenbach, 2021

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