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Non-violence : le mythe Gandhi


©Süddeutsche Zeitung/Rue des Archives

En avril 1930, Gandhi participe à une marche de protestation contre la taxe sur le sel. La répression est énergique : 60 000 arrestations, dont l’ensemble des dirigeants du Congrès.

Dans la seconde partie de ce dossier, deux intellectuels, le premier israélien, le second iranien, expriment ce que représente pour eux l’héritage de Gandhi. David Shulman s’émerveille de constater que la « vision » du Mahatma, après avoir montré son efficacité dans le mouvement américain des droits civiques puis en Afrique du Sud, reste bien vivante dans l’Inde actuelle et en Israël, deux pays pourtant habités par les démons d’un nationalisme religieux borné. Ramin Jahanbegloo, lui, rappelle le rôle de la non-violence dans l’effondrement du communisme soviétique (Václav Havel était un admirateur de Gandhi) et dans l’évolution actuelle de l’Iran, dont il pense qu’elle pourrait constituer les prémices d’une transformation politique du Moyen-Orient. Si l’un et l’autre expriment leur pessimisme quant à un succès prochain de l’idée de non-violence, ils restent optimistes sur l’avenir plus lointain.

Sur le personnage de Gandhi lui-même, ils expriment une certaine gêne quand on leur rappelle que le Mahatma a en réalité plusieurs fois prôné le recours à la violence. Les deux articles qui ouvrent notre dossier exposent en détail les contradictions et les faiblesses de la pensée et de l’action de Gandhi. Celui-ci a certes payé de sa personne. Plusieurs fois emprisonné pour avoir organisé d’impressionnantes campagnes de résistance passive contre le Raj britannique, il a montré une détermination, une implacable volonté qui force toujours le respect. Il ne fait aucun doute que sa faculté à mobiliser les foules et son savoir-faire politique ont contribué à mener l’Inde sur le chemin de l’indépendance. Mais, contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est nullement ce qu’il recherchait. Il était mû par une religiosité étroite et des convictions profondément archaïques.

 

Dans ce dossier :

Pour aller plus loin

Gandhi, La Voie de la non-violence, Gallimard, « Folio », 2015.

Martin Luther King, Révolution non violente, Payot, 2006. Un classique.

Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté, Le Livre de poche, 1996. Un autre classique.

Jean-Marie Muller, Le Dictionnaire de la non-violence, Éditions du Relié, 2014. Par un philosophe, membre fondateur du Mouvement pour une alternative non-violente.

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