Les nouvelles Routes de la Soie
par Amandine Meunier
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Les nouvelles Routes de la Soie

Écrit par Amandine Meunier publié le le 25 février 2019

L’historien Peter Frankopan ne s’attendait pas à ce que Les Routes de la soie, l’ouvrage qu’il a consacré aux anciennes voies de communication empruntées par les hommes, les marchandises et les idées entre l’Orient et l’Occident, soit un succès international. Dans la conclusion de son livre, il notait : « réseaux et connexions se tissent calment sur l’échine de l’Asie ; ou plutôt ils sont rétablis. les Routes de la soie reprennent l’ascendant ». Au vu des changements survenus depuis, Frankopan a éprouvé le besoin de préciser et d’actualiser sa conclusion : cela a donné Les Nouvelles Routes de la soie. « Le passé du monde a été modelé par ce qui se passe le long des Routes de la soie, écrit-il. Et je voulais souligner qu’il en ira de même de son avenir ».

« Le passé du monde a été modelé par les Routes de la soie »

L’initiative dite des « nouvelles Routes de la soie » ou « Une ceinture, une route », annoncée en grande pompe par Pékin en 2013 et lancée deux ans plus tard, constitue, selon Frankopan, la force directrice de la géopolitique du XXIe siècle. Ce gigantesque programme de construction d’infrastructures portuaires, routières et ferroviaires concerne quelque soixante-dix pays, de la Mongolie au Soudan, en passant par le Kirghizistan et le Monténégro. La Chine a prévu d’investir des dizaines des milliards de dollars dans ces projets, sous forme de prêts consentis aux États. « Pour Pékin, c’est un deal « gagnant-gagnant ». Mais beaucoup y voient une façon d’imposer une dette écrasante à des États indépendants et de les transformer ainsi en obligés de Pékin », note le journaliste spécialiste des relations internationales Justin Marozzi dans le quotidien londonien Evening Standard.

La Chine a prévu d’investir des dizaines des milliards

Avec ses Nouvelles routes de la soie, souligne Roger Boyes dansThe Times, « Frankopan s’est fixé un but : démontrer qu’alors que l’Occident se divise et perd ses soutiens, une grande partie de la planète est occupée à retisser ses liens historiques et culturels, devenant ainsi un contrepoids cohérent  ».

Mais selon James Crabtree, du Spectator, le livre souffre cependant d’un défaut inattendu de la part d’un historien. Il manque de la mise en perspective historique nécessaire pour « expliquer notamment les motivations actuelles de la Chine. »

 

À lire aussi dans Books : L’Asie, centre du monde, mars 2016.

 

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