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Pandémies, épidémies et autres catastrophes sanitaires

Au risque de passer pour un oiseau de mauvais augure, le britannique Mark Honigsbaum vient de publier un ouvrage consacré aux pandémies survenues au cours du XXème siècle. Journaliste scientifique et historien, il cherche à mettre en évidence des similitudes dans la manière dont ces maladies se sont propagées. « Honigsbaum a écrit un texte fascinant sur un sujet d’une grande importance – si les cent dernières années nous ont appris quelque chose, c’est que de nouvelles maladies et de nouvelles souches de virus vont inévitablement nous assaillir, quel que soit le degré de sophistication atteint par la science », commente Robin McKie dans The Guardian.

La sciences face aux épidémies

Dans The Pandemic Century, l’historien britannique s’intéresse tour à tour à neuf épidémies d’envergure. Si certaines sont bien connues du grand public, comme la grippe espagnole de 1918, le sida ou encore le virus Ebola, d’autres en revanche sont plus exotiques. Honigsbaum se penche par exemple sur la mystérieuse « fièvre du perroquet », qui infecta en 1930 plus de 800 individus et entraîna la mort de 33 Américains.

Nous sommes bien souvent les artisans des catastrophes qui nous affligent, par outrecuidance ou par ignorance, pointe Honigsbaum. Forts des avancées de la science moderne, nous avons tendance à présumer de nos capacités à endiguer les maladies. À cela s’ajoute la pensée magique, qui a tôt fait de transformer un virus en pandémie dévastatrice. En témoigne l’édifiante histoire de la guinéenne Finda Mendinor, à qui l’on prêtait des pouvoirs de guérisseuse. Les malades atteints du virus Ebola affluaient de la Sierra Leone dans l’espoir qu’elle les soigne. À sa mort (dudit virus), de grandes funérailles ont été organisées au cours desquelles les endeuillés étaient invités à embrasser sa dépouille. La contamination se faisant par contact avec des fluides organiques infectés, on assista à une nouvelle flambée de l’épidémie.

La pandémie du perroquet

« Chaque chapitre de The Pandemic Century est très documenté », souligne Carl Zimmer dans The New York Times. Avant de tempérer son enthousiasme : avoir consacré une partie de l’ouvrage à une maladie aussi peu meurtrière que la fièvre du perroquet lui semble saugrenu. Honigsbaum s’est empressé de relever le gant par l’entremise d’un courrier publié par The New York Times : « L’Organisation mondiale de la santé définit la pandémie simplement comme “la propagation mondiale d’une nouvelle maladie”. Bien que l’on associe souvent la pandémie à un nombre élevé de morts, cela n’a jamais été une condition sine qua non ».

À lire aussi dans Books : « La grippe espagnole, pire pandémie de tous les temps », novembre 2018.

LE LIVRE
LE LIVRE

The Pandemic Century: One Hundred Years of Panic, Hysteria, and Hubris de Mark Honigsbaum, W. W. Norton & Company, 2019

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