Petit et mégalo, vraiment ?

Napoléon n’était pas petit et ne mettait pas la main dans son gilet.
Même sa supposée mégalomanie doit être révisée. Le va-t-en-guerre jusqu’au-boutiste dépeint par la légende noire est une fiction. À y regarder de près, ce sont les Anglais qui ont mené le jeu. C’est à tort que l’on parle de guerres napoléoniennes : mieux vaudrait parler de guerres anglaises.


« Délires maniaques, ou le petit Boney en pleine crise ». Caricature de l’artiste britannique James Gillray et publiée en 1803.

Napoléon était petit. Il glissait toujours une main dans son manteau. Il était par ailleurs mégalomane et voulait conquérir le monde – « comme Hitler », entend-on souvent lors des visites guidées de ses champs de bataille. Ces opinions à propos de l’empereur au célèbre bicorne sont pour ainsi dire gravées dans l’imaginaire populaire. ­Résistent-elles cependant à l’examen des sources historiques ?
La taille, d’abord. Immédiatement après la mort de Napoléon, en 1821, son corps fut mesuré par son médecin de Sainte-Hélène. Résultat : 1,686 m. Soit plusieurs centimètres au-dessus de la taille moyenne des hommes en Europe il y a deux cents ans. D’après des statistiques officielles, la recrue française lambda ne mesurait que 1,62 m en 1835. Le roi de Prusse Frédéric II mesurait précisément 1,62 m. L’amiral Nelson, 1,64 m. Et Goethe, 1,69 m.
Pourquoi n’est-il jamais question de Nelson le Nabot, de Frédéric le Petit ou même de Goethe le Courtaud ? Au contraire, le poète (qui ne dépassait Napoléon que de 4 ...

LE LIVRE
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 Napoléon. Un révolutionnaire sur le trône impérial  de Günter Müchler, WBG, 2019

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